Ceux qui partent – Jeanne Benameur

Actes sud, rentrée littéraire 2019

Dans la série, mes auteurs incontournables… la plume de Jeanne Benameur…

Ceux qui partent, ceux qui arrivent… ou la longue nuit d’Ellis Island.

Ce roman se focalise sur une nuit, la première nuit passée à la porte d’entrée de l’Amérique par une poignée d’émigrants, en 1910. Nous suivons tout particulièrement un père et sa fille, venus de Vicence, en Italie, une jeune femme, rescapée des massacres en Arménie, et un groupe de gitans.

Cette nuit est pour eux celle de toutes les introspections. Dans cet entre deux entre le déracinement, l’exil et le nouveau monde, cette nuit passée sur l’île où sont triés les arrivants prend des allures de rite de passage initiatique.

Il est temps de faire la paix avec le passé, avec ce qu’ils ont laissé derrière eux, avec les cauchemars et les regrets, pour se tourner vers l’avenir, ses rêves, ses doutes, ses angoisses et ses promesses. Les personnages féminins, épris de liberté, sont particulièrement forts et marquants. Les corps se libèrent, la détermination se renforce, rien ni personne ne les fera dévier de la route qu’elles sont en train de se tracer.

Et puis il y a les Américains, et le regard porté sur ces arrivants… eux-mêmes sont issus de l’immigration, mais de génération en génération, le regard varie… Un photographe, une prostituée, et de multiples liens à créer… 

J’ai beaucoup apprécié ce texte, que j’ai trouvé très équilibré entre les « petites »histoires de chacun et toute la réflexion autour, sur les migrants d’hier et d’aujourd’hui, sans aucun jugement. 

La réflexion est élargie encore avec des citations de l’Enéide, livre de chevet du père italien, et beaucoup de petites phrases qui font réfléchir. Pour plusieurs personnages, la lecture est un élément capital, le « poids des mots  » prend tout son sens, celui de la langue aussi quand toutes se mêlent. 

Et quand le tout est porté par l’écriture de Jeanne Benameur, cela en fait un des très beaux textes de cette rentrée littéraire!

Un texte qui fait écho avec:

Pour l’Enéide : Sous d’autres cieux Maëlle Poésy, Kevin Keiss, d’après Virgile.

Le dernier gardien d’Ellis Island de Gaëlle Josse

Le gang des rêves Luca Di Fulvio

25 commentaires

  1. Je n’ai encore jamais lu cette auteure, et j’ai réservé cet ouvrage à la bibli (file d’attente interminable ) car le sujet me plait beaucoup.

  2. Le sujet me plaît beaucoup. Ce n’est pas la première fois que je lis un livre sur Ellis Island, celui-ci a l’air intéressant aussi.

  3. La langue de Benameur est une ode à la poésie. J’ai beaucoup aimé celui-ci où il faut se donner le temps de déguster, de s’ arrêter et de souffler tant les mots vous prennent et vous embarquent…. Merci pour ce partage !

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