Les Roches Tranchelion ruines à Avon-les-Roches

Pour le thème « Légendes » du RDV mensuel EnFranceAussi et pour coller à cette ambiance autour d’Halloween, direction les ruines du château et de la collégiale des Roches Tranchelion, à Avon-les-Roches en Indre-et-Loire.

La sortie photo date du début de l’été dernier.

On a du mal à imaginer en découvrant le site au détour d’un virage de la campagne tourangelle la splendeur passée du lieu. Et pourtant!

Visiter les Roches Tranchelion

Si les ruines du château sont totalement inaccessibles, une association de passionnés s’attache à la sauvegarde de celles de la Collégiale. Le jour de ma visite, plusieurs étaient présents sur le site, toujours prêts à en raconter l’histoire et la préservation, merci à eux pour cet engagement pour notre patrimoine!

Le château médiéval appartenait à Guillaume Ouvole. Guillaume de Tranchelion, seigneur de Palluau dans l’Indre, qui épousa sa fille, fonda en 1440 en contre-bas une chapelle consacrée à Marie-Madeleine.
Le domaine passe ensuite à Hardouin de la Touche, membre du conseil de Charles VII puis panetier du roi Louis XI. Charles VII séjourna au château de nombreuses fois entre 1446 et 1461. Le panetier (du mot pain) était chargé du service de bouche, une importante charge royale.

Le grand moment dans l’histoire des Roches Tranchelion fut le 17 juillet 1449. Le château accueillit le Grand Conseil du Royaume, composée de plus de 100 dignitaires, chargés de décider des suites à donner à la guerre de 100 ans. Une deuxième assemblée eut lieu au même endroit le 31 juillet. De ce conseil découla la reconquête de la Normandie.

Seul un vestige d’une tour du mur d’enceinte est encore visible dans le bois à gauche.

La collégiale des roches Tranchelion

Le château confirmera son importance à la Renaissance. La chapelle fut transformée en une collégiale consacrée à Saint Jean Baptiste en 1527 par Lancelot de la Touche. C’est un des plus beaux édifices religieux Renaissance de Touraine. Ce sont ces ruines que l’ont peut encore admirer aujourd’hui.

Pas mal de sculptures ont traversé le temps, je ne m’attendais pas à en découvrir autant! Des panneaux explicatifs permettent de visiter le site en découvrant son histoire.

 En 1559, le château servit de refuge temporaire au Comte de Montgomery qui avait mortellement et involontairement blessé Henri II lors d’un tournoi avant son exil en Angleterre.

Il faut imaginer la vie autour, les boutiques, les artisans, toute une rue commerciale en direction de Tours… loin du calme d’aujourd’hui! On découvre encore quelques traces d’habitats troglodytes.

Les Guerres de Religion touchèrent durement la collégiale, le site fut progressivement abandonné tout comme le château.

Elle devait ressembler à celle toujours visible à Montrésor : visiter Montrésor.

Une reconstitution ici https://www.histoire-a-la-carte.fr/3d-les-roches-tranchelion/

Trancher un lion ?

Et la légende dans tout cela ?

Elle est liée au nom curieux du site : Tranchelion. Ce nom remonterait au temps des croisades. De retour de la Terre Sainte, le seigneur local appris qu’un jeune écuyer avait courtisé sa femme en son absence. Si son épouse clamait son innocence, le mari jaloux n’en croyait rien. Il décida de s’en remettre au jugement de Dieu en enfermant l’écuyer dans le souterrain du château où il gardait un lion ramené de Palestine. L’écuyer l’emporta, l’honneur était sauf et le nom de « Tranche-Lion » lui resta !

Le château de Montgoger à Saint Epain

Pour rester dans la thématique ruines, une petite halte à Saint-épain, quelques kilomètres plus loin. Du bord de la route, on peut apercevoir les ruines d’un autre château.

 Le premier seigneur connu en fut Philippe de Montgauger, vers 1150. Le château changea souvent de propriétaires. On dit qu’à la fin de l’Ancien Régime, il abrita des activités de faux-monnayage. Au plus fort de sa speldeur, il comprenait trois cors de logis en U autour d’une cour avec 4 tours d’angles. En partie détruit à la Révolution, il fut ensuite victime d’un incendie en 1883. Restauré, il reprit vie au début du XXème. Réquisitionné par les troupes allemandes, un nouvel incendie le ruina en 1943 lors d’une réception.

Une partie des communs, préservée, sert désormais de salles de réceptions. https://www.votre-chateau-de-famille.com/chateau/chateau-de-montgoger/

Château de Montgoger

En contrebas, subsiste une tour de garde d’entrée, restaurée et transformée en gite. A proximité, la ferme de l’Hommelaye, abrita un couvent, successeur du prieuré des Minimes fondé en 1502 par François de Baraton

Une carte postale d’avant le premier incendie

Le château avant les incendies (CP)
http://www.litteratur.fr/communes-de-touraine/saint-epain/8/

Visiter Saint Epain

Pour terminer la visite du secteur, une halte au village de Saint Epain. Des photographies anciennes ornent les rues, de quoi imaginer quelle y était la vie autrefois! La principale curiosité est le porche de la Prévôté, tour subsistant de l’enceinte fortifiée reconstruite au XVe siècle.

Et encore beaucoup d’autres choses à découvrir dans ce secteur : http://saint-epain.fr/tourisme/patrimoine/

Ruines en Touraine

Visiter les ruines des roches Tranchelion et de Saint-Epain, pour le thème du mois d’En France aussi , proposé par https://arpenterlechemin.com/

18 commentaires

  1. Je ne sais pas pourquoi j’ai toujours une certaine attirance pour ces monuments en ruine. Celles-ci sont particulièrement belles. Merci pour la découverte de cette légende.

  2. J’aime bien découvrir des monuments en ruine et en apprendre sur leur histoire !
    Merci pour ce bel article très intéressant avec comme toujours de belles photos.
    Bon dimanche !

  3. Une visite fort intéressante, de tous ces lieux pleins de charme ! Même en ruine, ils devaient être magnifiques à l’époque ! Je garde de bons souvenirs de la visite étonnante de troglodytes du côté de Tour, lorsque nous avons visité cette région. Merci pour cette belle balade.

  4. Il y a tant de jolies choses à découvrir dans ta région ! Et puis ces photos avec la lumière de l’été, ça fait du bien 🙂
    Merci pour ce beau reportage !!

  5. Pauvre lion de Palestine ! (il y avait des lions en Palestine à l’époque ? Ha, la cohérence historique des légendes…) Je suis comblée par tes photos des ruines, toutes plus belles les unes que les autres.

  6. Merci pour cette belle découverte. Les ruines sont encore pleine de charme ! Quant au lion, pauvre bête, finir ainsi dans un souterrain…

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