La promesse de l’aube, Franck DESMEDT

La promesse de l’aube, de Romain Gary, adaptation et jeu Franck DESMEDT, spectacle vu au théâtre du Lucernaire .

Je n’avais pas forcément prévu d’aller voir cette pièce, ayant vu il y a peu la version de La Promesse de l’aube avec Stéphane Freiss au Théâtre de Poche mais ayant remarqué au festival d’Avignon Franck Desmedt dans Le visiteur, (vu aussi dans Adieu Monsieur Haffmann Jean-Philippe Daguerre) j’étais curieuse de le découvrir dans ce rôle ! Et j’ai fort bien fait !

@Lot

Dans « La promesse de l’aube », Romain Gary raconte sa jeunesse, son déracinement après sa petite enfance en Russie, sa relation complexe à sa mère qui l’élève seule. Aussi aimante qu’étouffante, elle rêve d’un destin magnifique pour lui. Comment être à la hauteur de ce rêve ? Comment retrouver un jour un amour aussi intense, une confiance aussi absolue ?

« Il n’est pas bon d’être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ca vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c’est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours. Après cela, chaque fois qu’une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. […]Vous avez fait, dès la première lueur de l’aube, une étude très serrée de l’amour et vous avez sur vous de la documentation. Partout où vous allez, vous portez en vous le poison des comparaisons et vous passez votre temps à attendre ce que vous avez déjà reçu. »

De cet amour maternel inconditionnel Roman Gary a fait un roman autobiographique (en partie romancé tout de même!) qui dresse un remarquable portrait de sa mère… et de leur relation aussi complexe que passionnée.

Franck Desmedt a sélectionné judicieusement des passages tout d’abord autour de l’enfance, du poids de cette mère et des tentatives de son fils pour être à la hauteur puis dans une seconde partie s’est centré sur la période de la seconde guerre mondiale où Gary a rejoint la Résistance.

Franck Desmedt campe avec brio une multitude de personnages autour du duo mère-fils. On oscille en permanence entre humour et émotion, dans un bel équilibre. Une rose, une valise, des jeux de lumière… et les ambiances sont posées. Une belle adaptation à découvrir sans hésiter au Lucernaire, et un comédien à suivre ensuite au théâtre Rive Gauche pour Le visiteur !


Infos pratiques

La promesse de l’aube, de Romain Gary, adaptation et jeu Franck DESMEDT, spectacle vu au théâtre du Lucernaire . Mise en scène de Stéphane Laporte et Dominique Sherr. Lumières de Laurent Béal

5 commentaires

  1. Ce dot être un exercice difficile de retranscrire cette oeuvre en théâtre après le film qui était magnifique

  2. je me laisserais volontiers tenter, car j’aime beaucoup Romain Gary et surtout « La promesse de l’aube » donc un peu peur de comparer 🙂

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