Les agitées de Camille Zabka

Mon avis sur le roman Les agitées de Camille Zabka, paru aux éditions La Tribu le 19 août 2026

Camille Zabka, rentrée littéraire 2026, littérature française, femmes, psychiatrie, Camille Claudel, Ville-Évrard, La Tribu

Voilà encore une très belle découverte de cette rentrée littéraire !

Direction cette fois l’établissement psychiatrique de Ville-Évrard, en Seine-Saint-Denis, et plus précisément la Haute-Île. Un lieu immense, hors du temps, au milieu des bois en bord de Marne, qui va devenir un véritable personnage du roman.

Tout commence pourtant presque comme une enquête policière.

À la crèche réservée aux enfants du personnel de l’établissement, plusieurs petits s’effondrent soudainement, victimes d’un mystérieux empoisonnement. Que s’est-il passé ? Comment une telle chose a-t-elle pu arriver dans un lieu pourtant protégé ? Un patient peut-il être à l’origine de cet acte ?

Mais très vite, l’histoire va bien au-delà de cette enquête.

Nous suivons notamment Josépha, qui travaille à la crèche. Une maman qui élève seule sa fille et jongle comme elle peut entre son travail et sa vie personnelle. Et puis Olga, traductrice, venue s’installer avec sa petite fille à la Haute-Île parce que son mari Abel y travaille comme psychiatre. Enceinte lorsqu’elle arrive, elle va elle aussi découvrir peu à peu que ce lieu en apparence si paisible cache beaucoup d’histoires.

Et quelles histoires…

Car en fouillant dans les archives de l’établissement, c’est tout un autre monde qui ressurgit. Celui des femmes internées autrefois à Ville-Évrard, parmi lesquelles Camille Claudel, Marie Maillet-Vitiello, et sa « robe de la reine », mais aussi beaucoup d’autres, bien moins célèbres.

Les « agitées ».

Des femmes que l’on pouvait enfermer parce qu’elles dérangeaient, parce qu’elles ne rentraient pas dans le cadre, parce qu’un mari ou une famille le souhaitait parfois. Des femmes trop libres ? Trop fragiles ? Trop différentes ? Ou simplement pas assez conformes à ce que l’on attendait d’elles ?

J’ai beaucoup aimé la façon dont Camille Zabka entremêle passé et présent. Car en suivant Olga et Josépha, femmes d’aujourd’hui avec leurs propres fragilités, leurs difficultés, leur solitude parfois, une idée revient forcément : quelques décennies plus tôt, auraient-elles pu elles aussi se retrouver de l’autre côté ?

Le monde a heureusement changé. Un peu.

Mais ces destins font forcément réfléchir…

C’est un roman prenant, entre enquête et destins de femmes, qui fait dialoguer de manière intéressante, passé et présent et remet surtout en lumière toutes ces « agitées » aux destins souvent tragique.  J’aurais eu envie d’en savoir encore un peu plus sur ces femmes et sur ce lieu alors alors j’ai complété la lecture du roman par quelques recherches Je vous mets notamment ce lien pour en savoir plus https://seinesaintdenis.fr/actualite/culture-patrimoine/Marie-Maillet-limperatrice-de-lautre-cote-du-miroir/

Et une nouvelle très belle découverte de cette rentrée littéraire !

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11 commentaires

    • C’est vrai que j’ai aussi fait des recherches complémentaires. Pour en savoir plus sur le lieu et certaines patientes, j’aurais aimé un peu plus aussi mais je l’ai lu d’une traite vraiment happée !

  1. Un titre qui semble faire son petit trou en ce début de rentrée littéraire. J’aime beaucoup ce type d’histoire. Je me laisserais peut-être tenter.

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