Mon avis sur l’exposition Au temps de Camille Claudel, vue au Musée des Beaux-Arts de Tours : autour de la figure de Camille Claudel, cette exposition redonne enfin un visage — et des œuvres — à une vingtaine d’artistes trop longtemps restées dans l’ombre, à découvrir sans hésiter en Touraine !
Au temps de Camille Claudel : ces sculptrices oubliées à redécouvrir au Musée des Beaux-Arts de Tours

Dans le cadre de l’exposition, coproduite par le musée Camille Claudel, le musée des Beaux-Arts de Tours et le musée de Pont-Aven réunit les créations d’une vingtaine d’entre elles : Charlotte Besnard, Marie Cazin, Madeleine Jouvray, mais aussi Jessie Lipscomb, Agnès de Frumerie ou encore Anna Bass, Jane Poupelet et bien d’autres.
Françaises ou étrangères, souvent filles ou épouses d’artistes, elles ont été les camarades d’atelier, les amies, ou parfois les rivales de Camille Claudel. L’exposition réunit près de 90 œuvres et documents autour d’une vingtaine de créatrices.
Auguste Rodin par Camille Claudel

À son arrivée à Paris à l’automne 1880, Camille Claudel, alors âgée d’à peine 16 ans, intègre une scène artistique déjà marquée par la présence de sculptrices talentueuses. L’expo montre aussi à quel point être sculptrice à Paris autour de 1900 relevait souvent du défi : il fallait contourner les interdits, trouver une formation, entrer dans un atelier, vivre dans l’ombre d’un père ou d’un mari artiste, ou au contraire s’en affranchir. Les femmes étaient exclues de l’enseignement institutionnel, notamment à l’École des Beaux-Arts,sans parler des contraintes économiques de la sculpture traditionnelle tels que le coût du marbre ou du bronze et le recours à des modèles ou à des entreprises de fonderie. L’Académie Colarossi, une école privée, ouverte aux femmes – bien qu’à un tarif plus élevé – leur offrait une alternative à l’École des Beaux-Arts.
Camille Claudel, la valse

Femmes sculptrices au temps de Camille Claudel
en voici quelques unes au fil des œuvres du musée!
Des œuvres de Camille Claudel sont présentées tout au long de l’expo, en écho aux œuvres de ses contemporaines :
Blanche Moria
Blanche Moria, née le 7 mai 1859 à Paris et morte le 24 novembre 1926 à Paris, est une sculptrice française. Professeure de dessin au lycée Molière, dans le 16e arrondissement de Paris, durant plus de trente ans, et professeure de sculpture, elle est l’auteur de bustes, médaillons et sculptures allégoriques, et bénéficie de plusieurs commandes et achats de l’État. Militante féministe, Moria lutte pour les droits des femmes, leur accès à un enseignement et au travail.

Marie Cazin
Peintre et sculptrice née en 1844, dans une famille d’artistes, elle puise souvent ses sujets dans le travail des femmes.

Jessie Lipscomb
Sculptrice britannique née en 1861, formée à Londres puis à Paris, elle partage un atelier avec Camille Claudel à l’Académie Colarossi et devient assistante dans l’atelier d’Auguste Rodin. Avec Camille Claudel, elles réalisent mutuellement le portrait l’une de l’autre. Une partie de leur correspondance est aussi exposée. Son mariage avec William Elborne, pharmacien et chimiste met fin à sa carrière publique. Elle sera sera une des rares personnes à rendre visite à Camille Claudel lors de son internement à l’asile de Montdevergues.


Camille Claudel œuvrant sur Sakountala, avec Jessie Lipscomb à l’arrière-plan dans leur atelier rue Notre-Dame-des-Champs en 1887.

Agnès de Frumerie
Née en Suède en 1869, elle s’installe à Paris à partir de 1892. Sculptrice, dessinatrice, mais aussi créatrice de céramiques puis de verreries, elle écrivait également pour le théâtre.


Madeleine Jouvray
Marie Madeleine Jouvray née le 31 mars 1862 à Paris et morte le 18 novembre 1935 à Meudon
Fille de cartonniers, Madeleine Jouvray partage un atelier avec Camille Claudel et d’autres sculptrices et suit les cours de l’Académie Colarossi. Elle s’installe ensuite rue Blomet, et gagne sa vie en donnant des cours de modelage et de dessin. Entre 1883 et 1909, elle est l’élève et la praticienne de Rodin.





Jane Poupelet
Née en 1874, elle se distingue notamment par la sculpture animalière et les nus féminins. Elle a aussi travaillé pendant la Première Guerre mondiale à la fabrication de masques pour les Gueules cassées.



Laure Coutan-Montorgueil
Issue d’une famille d’artisans et d’artistes des environs de Bourges, elle s’installe à Paris en 1878, devient l’élève d’Alfred Boucher et expose régulièrement

La source
Yvonne Serruys
Yvonne Serruys, née à Menin le 26 mars 1873 et morte à Paris en 1953, est une sculptrice et artiste peintre d’origine belge Après des débuts en peinture, elle se tourne vers la sculpture à Paris, se spécialisant dans des statuettes de nus féminins.
Colin Maillard, bronze datant de 1909,

Bref, une expo passionnante !
Expo Au temps de Camille Claudel Musée des Beaux Arts Tours en pratique
infos pratiques https://musees.tours.fr/
Pour prolonger l’expo autour de Camille Caludel et des femmes artistes
- visiter le château de L’Islette sur les traces de Camille Claudel
- vers Visite du musée Rodin Paris 7e, avec de nombreuses oeuvres de Camille Claudel
Au théâtre
- Camille contre Claudel
- Claudel Kahlo Woolf, pour prolonger la réflexion sur les femmes artistes empêchées, violentées ou invisibilisées.
Les autres salles du musée :
- jardin du musée des Beaux-Arts de Tours
- Visite du Musée des beaux arts de Tours eur le thème ornithologie et art : les oiseaux du Musée des Beaux-Arts de Tours
En savoir plus sur Tours et culture
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J’aime beaucoup ces photos montrant les sculptrices au travail :artiste à l’œuvre.
j’ai trouvé cela très bien conçu!
Cette chronique donne envie de faire un saut à Tours. Merci pour ce retour très instructif !
l’expo le mérite!
Je découvre des sculpturices grâce à ton article. C’est chouette qu’une expo les mette en avant,là où l’histoire a eu tendance à leur mettre des bâtons dans les roues.
c’est une belle remise en lumière! Et que de talents!
Je note, merci de l’info.
si tu passes par Tours, cela vaut le coup!
J’espère que cette exposition « tournera » car elle m’intéresse beaucoup !
elle est en collaboration avec d’autres musées donc j’espère!
Merci de nous avoir fait profiter de cette visite. C’est une belle exposition.
passionnante en effet !