Kingdom festival d’ Avignon

Kingdom festival d’ Avignon, spectacle vu à la Cour du lycée Saint-Joseph

Pour retrouver tous les spectacles chroniqués cette année, c’est ici : Sélection et avis spectacles à voir choix festival d’Avignon off 2021 et pour le in Que voir au Festival d’Avignon In 2021 ?

Kingdom festival d’ Avignon

Dès la découverte du décor, la magie opère, une rivière, une barque, une maison de bois, une forêt… entre émerveillement et inquiétude, c’est sombre, c’est isolé, que va-t-il en surgir ?

Des rires d’enfants résonnent, des chiens déboulent joyeusement, la famille que l’on découvre semble au premier abord heureuse. Elle est rejointe par des réalisateurs venus tourner un reportage sur leur mode de vie. On va alors osciller entre un théâtre hyper réaliste et les scènes de ce documentaire projetées sur un écran, qui nous permettent d’accéder à l’intérieur de la cabane, à des gros plans saisissants sur des visages ou des gestes. L’oeil au départ se perd un peu, choisissant de regarder plutôt la scène que l’écran ou l’inverse, puis l’équilibre se fait naturellement.

© Christophe Raynaud de Lage

Cette famille a choisi de quitter une Europe devenu invivable pour reconstruire sa vie dans cet environnement pourtant hostile, aux confins du monde, totalement isolé, en autarcie. Ce mode de vie est-il tenable sur la durée ? Dans notre monde moderne?

Mais derrière la maison, il y a une barrière. Des voisins. Et une guerre impitoyable entre les deux camps dont nous comprendrons le pourquoi au fil de l’histoire.

Dans ce royaume conçu par le patriarche, qui y impose ses choix, ses règles, ses rites, les plus jeunes vont petit à petit faire entendre une autre voix …

L’atmosphère campée est assez saisissante, la tension monte petit à petit, jusqu’au paroxysme de la dernière partie. On assiste à une grande épopée aux allures de tragédie grecque avec ce déchirement familial. Comme dans la Cerisaie, comme dans Crépuscule rouge, vus juste avant, on assiste à la fin d’un monde que les nouvelles générations doivent réinventer.

Librement inspiré du film documentaire Braguino de Clément Cogitore, Kingdom – dernier volet d’une trilogie commencée avec Tristesses et Arctique – est une belle réussite de la metteuse en scène Anne-Cécile Vandalem.

La distribution est impeccable avec une mention spéciale pour les jeunes enfants (et les chiens!) qui sont parfaits! Il y a aussi de très beaux chants, et la musique composée par P Kissling et V Cahay nous plonge totalement dans la forêt.

Un spectacle saisissant et dépaysant !

Kingdom au festival d’ Avignon

Du 6 au 14 juillet, informations

  • KINGDOM de Anne-Cécile Vandalem

Avec Arnaud BotmanLaurent CaronPhilippe Grand’HenryÉpona GuillaumeZoé Kovacs
Et Federico D’AmbrosioLeonor Malamatenios (équipe de réalisation)
Et en alternance Juliette Goossens/Ida MühleckLea Swaeles/Léonie ChaidronIsaac Mathot/Noa StaesDaryna Melnyk/Eulalie Poucet

Texte et mise en scène Anne-Cécile Vandalem librement inspiré de Braguino de Clément Cogitore
Dramaturgie Sarah Seignobosc
Musique Vincent CahayPierre Kissling
Scénographie Ruimtevaarders
Lumière Amélie Géhin
Vidéo Frédéric Nicaise
Son Antoine Bourgain
Costumes Laurence Hermant
Maquillage Sophie Carlier
Assistanat à la mise en scène Pauline Ringeade et Mahlia Theismann

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