L’Italie et la Renaissance à Loches, Sforza, Caravage, hôtels particuliers …

Ce mois-ci, le thème du RDV #EnFranceAussi, lecoindesvoyageurs.fr  est « La France cosmopolite », proposé par Jus Diego , un thème qui me permet de mettre en avant « l’année italienne » de la ville de Loches pour fêter les 500 ans de la Renaissance.

Et en Touraine, les liens avec l’Italie à la Renaissance sont nombreux. Si Léonard de Vinci, enterré à Amboise où l’on peut visiter sa dernière demeure du Clos-Lucé, est le premier artiste à venir à l’esprit, on peut penser aussi aux figures royales, comme Catherine de Médicis, à l’influence des uns et des autres sur les châteaux de la Loire, de Chambord à Blois ou Chenonceau , où ils sont nombreux à avoir fait le lien entre les deux pays. On peut citer aussi le maître jardiniste italien Dom Pacello de Mercogliano dont on peut découvrir l’histoire et les réalisations à Château-Gaillard.

Mais c’est à Loches que je vous invite aujourd’hui, où les liens avec l’Italie s’évoquent aussi bien du côté de l’influence de la Renaissance italienne qu’ à travers les guerres d’Italie.

Car si influence il y a eu, c’est aussi en raison des nombreux conflits entre les deux pays sous les règnes de Charles VII, Louis XII, François 1er et Henri II et à la cité royale de Loches, une exposition est actuellement une parfaite introduction à cette thématique :

 

Ludovic Sforza à Loches, château, donjon et collégiale


Ludovic Marie Sforza dit le More, né en 1452, est mort à Loches en 1508 où il était prisonnier.

Duc de Milan, Sforza fut un des importants mécènes de la Renaissance, il invita ainsi Léonard de Vinci à la cour de Milan, et lui demanda de peindre sa Cène, qui deviendra si célèbre.

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Homme d’art, mais aussi homme de guerre, dans cette période troublée des guerres d’Italie, il tombe aux mains de l’armée française, et est emmené en France où il est incarcéré à Lyon.

En 1504, il est transféré dans les prisons du donjon de Loches, où il meurt 4 ans plus tard « d’un éblouissement » le jour de sa libération… Cette cause peut crédible puisqu’il avait l’autorisation de se promener dans la cour du château, masquerait-elle un assassinat ou une maladie ? Le mystère entoure également sa sépulture, il aurait été enseveli à la collégiale Saint-Ours, de Loches (où l’on peut voir aujourd’hui le tombeau d’Agnès Sorel), des fouilles ont été entreprises il y a peu pour tenter de retrouver son corps.

La collégiale Saint-Ours et son petit jardin qui offre une belle vue sur la vallée de l’Indre

Un reportage à ce sujet : https://www.franceculture.fr/emissions/carbone-14-le-magazine-de-larcheologie/mais-ou-est-passe-sforza

Le site de fouilles de la tombe de Ludovico Sforza dans la collégiale Saint-Ours (Loches)

Dans son cachot lochois, (chauffé et pourvu de latrines, contrairement à d’autres) , Ludovic Sforza a laissé une peinture murale restaurée il y a peu , qui fait le lien entre ces deux facettes d’artiste et de soldat.

Un témoignage émouvant à découvrir dans les souterrains du donjon, où figure également un texte  « celui qui n’est pas content  » …

L’exposition consacrée à Sforza, dans le cadre des 500 ans de la Renaissance est visible jusqu’au 22 septembre. L’exposition sera prolongée par un colloque « Ludovic Sforza : Le mécène de Léonard de Vinci, entre grandeur et décadence » Espace Agnès Sorel / Mardi 5 et mercredi 6 novembre, 9h-17h.

cell loches lock up
https://citeroyaleloches.fr/decouvrez/personnages/ludovico_sforza

Après la guerre, l’art, et il n’y a que quelques mètres à parcourir pour aller d’une exposition à l’autre : 

L’Italie et Loches, côté art

Il y a quelques temps je vous parlais d’une exposition consacrée à deux artistes italiens à la maison Lansyer :

Visite Maison Musée Lansyer Loches Canaletto Piranese

Je n’y reviendrai pas cette fois, mais cette exposition est un élément incontournable du parcours italien à Loches cet été.

L’hôtel de ville, la tour saint-Antoine, les portes Picois et des Cordeliers

De nombreux bâtiments à Loches sont profondément marqués par l’influence de la Renaissance italienne, certains sont biens connus : l’hôtel de ville, dont la construction débuta en 1535, adossé à la Porte Picois, la tour Saint-Antoine et la porte des Cordeliers aux pieds du logis royal

La Renaissance à Loches : architectures venues d’Italie

Mais en descendant de la cité royale par la rue du château, c’est à la Chancellerie que je vous invite à vous arrêter : 

La façade, de 1551, y est particulièrement remarquable et c’est la devise inscrite sur le fronton « Je me nourris de prudence, je règne par la justice » qui lui vaut son surnom de chancellerie, fonction qui n’y a jamais existé. Il s’agissait d’un hôtel particulier, dont le commanditaire était peut-être un officier royal particulièrement cultivé. Le monogramme d’Henri II figure sur la façade. La façade s’inspire de l’oeuvre de Michel-Ange pour la bibliothèque laurentienne de Florence en 1524, diffusée en France par les dessins de l’architecte Philibert Delorme après son voyage en Italie. 

Dans ce magnifique bâtiment renaissance, une exposition permanente (gratuite) relate l’histoire de la ville de Loches, associée en ce moment à une exposition temporaire : La Renaissance à Loches : architectures venues d’Italie.

Plusieurs affiches évoquent les différents bâtiments renaissance de la ville, leur histoire et leurs particularités architecturales, à lire avant d’aller découvrir ces maisons au fil des rues!

 Du 6 avril au 11 novembre
Entrée libre et gratuite tous les jours de 10h à 18h.

Hôtel Nau, Chancellerie, maison du Centaure, Tour saint-Antoine

Pour compléter cette exposition, il faut donc arpenter le centre ville, se faufiler dans les ruelles à la recherche des nombreuses maisons du XV et XVIème siècles, pour découvrir par exemple, aux pieds de la Tour Saint-Antoine ( construite entre 1529 et 1575, ancien clocher d’une église disparue, elle culmine à 52 mètres et possède une très riche ornementation. ) , l’hôtel Nau (du nom d’une famille de magistrats qui y résida) , du XVI ème siècle, dont la tour d’escalier et les loggias font échos à celles du logis royal.

Après avoir découvert l’exposition à la Chancellerie, n’oubliez d’ailleurs pas de vous glisser dans le petit passage entre le théâtre de verdure et la rue, le long de la maison du centaure. Si le bâtiment attend avec impatience des travaux de restauration, de nombreuses sculptures sont bien visibles et permettent de deviner sa magnificence passée.

Sur la première photo, au premier plan, la façade de la maison dite de la Chancellerie, des années 1550, aux têtes et crânes de boeufs (motif ornemental du bucrane) que nous avons retrouvés cet été à de nombreuses reprises en Italie, par exemple sur le tombeau de Dante à Ravenne, et au second celle dite du Centaure, rue du château.

Provenant d’une ancienne cheminée, la sculpture installée au dessus de la fenêtre latérale de la maison du Centaure représente Déjanire, Hercule et le centaure Nessus.

On peut aussi chercher la salamandre de François 1er sur la façade de l’hôtel de ville, mais aussi les maisons XIXème siècle qui reprennent des ornements architecturaux renaissance… bref, à Loches, il faut marcher le nez en l’air!

Voici donc trois expositions « italiennes » à découvrir à Loches, sans oublier les tableaux du Caravage à admirer à la galerie antonine tout en s’interrogeant sur leur histoire et leur auteur

Les Caravage de Loches

Je vous renvoie à cet article : Les Caravage de Philippe de Béthune, à Loches

et bien sûr un petit restau italien en prime!

Restaurants italiens à Loches

De ce côté là aussi, il y a du choix!

Il y a d’abord du côté du cinéma Amoremio, aux produits tous droits venus d’Italie, dont je vous conseille tout particulièrement les « buffets aperitivo » du vendredi et samedi soir et l’agréable terrasse estivale.

Hors centre-ville, pour découvrir un autre quartier de Loches avec la tour des Mauvières, vestige d’un fort médiéval à la pointe de l’éperon de la cité royale il y a la Trattoria des Mauvières, dans un site troglodytique avec une belle terrasse l’été et son feu de cheminée l’hiver, et enfin sur l’axe hôtel de ville – château la pizzeria Sforza propose également un menu du jour ou encore les pizzas ou plats et desserts à emporter des Saveurs d’Italie, bref, de quoi vivre une véritable journée italienne sans quitter Loches!

Concours EnFranceAussi

Ce mois-ci, en commentant un des blogs participant au RDV vous pouvez gagner ce cartoville de Marseille offert par les éditions Gallimard. Pensez à annoncer votre participation sur la page FB #EnFranceAussi en mentionnant le blog sur lequel vous avez participé. Bonne chance!

23 commentaires

  1. Quelle ville magnifique, nous y sommes passés fin juillet, lors de notre virée en Bretagne. J’en garde un magnifique souvenir ! Une vraie petite cité médiévale et Renaissance, un cœur de ville semi-piéton, de bons petits restaurants, des gens sympas et un Patrimoine incroyable ! Merci pour ce beau reportage et bon dimanche.

  2. Merci pour cet article passionnant. Nous sommes allés à Milan au printemps, tu me rappelles nos visites. Je viens de lire l’article sur les toiles du Caravage, je me souviens du Dîner à Emmaüs à la Pinacothèque.

  3. Que de merveilles je découvre chaque mois grace aux articles #enFranceAussi et cet article ne déroge pas à la règle. Un petit bout d’Italie que je note sur mes tablettes pour le découvrir à l’occasion. Merci pour ce bel article.

  4. merci pour la balade à Loches
    je ne savais pas que l influence italienne y était aussi importante
    j adore ces villes où la découverte est à tout les points de rues

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