Lumières, lumières, lumières E. de la Chenelière V. Woolf

Mon avis sur le spectacle Lumières, lumières, lumières d’Evelyne de la Chenelière Librement inspiré de Vers le phare de Virginia Woolf mise en scène Florent Siaud. Comédie-Française Le spectacle est présenté au Studio-Théâtre du 13 mai au 28 juin 2026, avec Florence Viala dans le rôle de Madame Ramsay et Aymeline Alix dans celui de Lily

Pourquoi avoir choisi ce spectacle ? Pour plusieurs raisons : la curiosité de découvrir l’écriture d’une autrice québécoise, l’envie de voir comment un roman aussi intérieur que Vers le phare pouvait être adapté pour le théâtre, et bien sûr le plaisir de retrouver Florence Viala sur scène!

Ici, le point de départ était déjà intrigant : non pas adapter tout le roman de Virginia Woolf, mais en extraire les rapports entre deux femmes… et deux visions du monde.

D’un côté, Madame Ramsay, épouse, mère de famille nombreuse, figure d’un certain idéal féminin, mais aussi femme habitée par ses propres contradictions. Mère de huit enfants, elle tient sa maisonnée à bout de bras… mais attend avec grande impatience le moment où ils sont tous enfin couchés. Et surtout, se réjouit que personne ne puisse savoir ce qu’elle pense vraiment.

De l’autre, Lily, artiste peintre, plus indépendante, qui cherche encore sa place dans une société britannique du début du XXe siècle où les femmes artistes doivent encore sans cesse justifier leur légitimité. Parviendra-t-elle à finir sa toile?

Ce face-à-face permet d’aborder beaucoup de questions : qu’est-ce qu’une vie réussie ? Que sacrifie-t-on aux autres ? La maternité est-elle l’aboutissement ultime ? Peut-on créer librement ? Quelle place laisse-t-on aux femmes dans l’art, dans la famille, dans la société?

Le roman, très introspectif, ne me semblait pas facile d’accès. Je suis ravie de l’avoir découvert par le théâtre, avec cette adaptation très réussie! La mise en scène de Florent Siaud et l’ensemble de la scénographie lui offrent un très bel écrin.

Il suffit de se caler dans son fauteuil et de se laisser emporter par les vagues : d’émotions, de réflexion, du décor… Pas d’action, temporalité floue, fantôme, et pourtant, tout est si évident. Il fallait deux comédiennes de talent pour faire découvrir ainsi ce texte et le duo Florence Viala / Aymeline Alix (que je découvrais à l’occasion) fonctionne à merveille.

Les scènes clés sont parfaitement bien choisies pour faire entendre la complexité de leur personnage et je porterai dorénavant une attention particulière au temps de la conjugaison ainsi qu’à certains mots ! De nombreuses questions ont continué à m’accompagner bien après la sortie du théâtre, un vrai cheminement philosophique et je suis sûre qu’au prochain dîner de famille ou entre amis, je regarderai un peu différemment les convives…

De nombreux thèmes traversent l’oeuvre, la place des femmes bien sûr mais aussi celle de l’art, de l’écrivain. Qu’en est-il lorsqu’il n’est plus lu ?

Et puis le temps qui passe …

Bref, un spectacle pas évident à résumer mais à voir sans hésiter pour découvrir ce texte si bien mis en valeur tant par la mise en scène que par cet excellent duo de comédiennes !

Le spectacle donne envie de revenir à Virginia Woolf, mais aussi de poursuivre l’exploration de l’écriture d’Evelyne de la Chenelière.

Infos pratiques

Lumières, lumières, lumières
D’Evelyne de la Chenelière
Librement inspiré de Vers le phare de Virginia Woolf
Mise en scène : Florent Siaud
Avec Florence Viala et Aymeline Alix
Studio-Théâtre de la Comédie-Française
Du 13 mai au 28 juin 2026
Durée estimée : 1h15

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2 commentaires

  1. J’ai lu le livre et, en effet, je me disais qu’il doit être difficile à adapter à la scène. Mais le fait d’avoir pris les deux personnages féminins, très différentes bien que engluées dans une même époque, est intéressant.

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