Mon avis sur le spectacle Le suicidé d’après Nicolaï Erdman mise en scène Stéphane Varupenne vu à la Comédie Française

Le suicidé:
Ou quand une fringale nocturne déclenche des quiproquos à n’en plus finir!
Car derrière ce titre inquiétant, se cache bien une comédie, grinçante certes, mais réjouissante !
Dans l’URSS de la fin des années 20, de l’après révolution, Sémione Sémionovitch Podsékalnikov, chômeur, vit avec sa famille dans un appartement communautaire (superbe décor et scénographie d’Eric Ruf, aux multiples détails!).
Une nuit, il se réveille, affamé, et réclame à sa femme un bout de saucisson. En colère d’être réveillée pour cela, elle multiplie les reproches contre lui, qui vit à ses crochets. Alors, quand plus tard elle constate sa disparition du lit conjugal, elle se persuade qu’il va mettre fin à ses jours. Et de scènes cocasses en rebondissements, cette histoire prend des proportions inimaginables! Entre ceux qui veulent l’empêcher de se suicider et ceux qui, au contraire, souhaitent récupérer cet acte à des fins politiques, religieuses, artistiques, amoureuses… Sémione n’est pas au bout de ses surprises !
Derrière la farce, il y a un vrai questionnement sur les conditions de vie de l’époque comme sur les rapports humains. Erdman espérait pouvoir encore faire rire avec ses critiques sous-jacentes, ce ne sera pas le cas, sa pièce sera censurée en URSS jusqu’en 1990…
Les personnages, caricaturaux à souhait, apportent de belles tranches de rire, les appariations de Serge Bagdassarian, Florence Viala ou Clément Hervieu-Léger suffisent souvent à déclencher l’hilarité! Jérémy Lopez est un touchant Sémione , très bien entouré par le reste de la distribution.
Entre musique, ambiance sonore, rires et réflexion, c’est une belle remise en avant de cette pièce par la troupe de la Comédie-Française dans la mise en scène inventive de Stéphane Varupenne !
D’autres chroniques de spectacles vus à la Comédie Française : Articles spectacles Comédie-Française/
Le suicidé à la Comédie-Française
Texte français, adaptation et dramaturgie Clément Camar-Mercier
Scénographie Éric Ruf
Costumes Gwladys Duthil Lumières Nathalie Perrier Direction musicale et arrangements Vincent Leterme Son Colombine Jacquemont Travail chorégraphique Marlène Saldana Collaboration artistique Thibault Perrenoud Assistanat à la scénographie Dimitri Lenin
Avec : Sylvia Bergé Grounia, une petite vieille
Florence Viala Sérafima Ilinitchna, mère de Macha
Christian Gonon Nikifor Arsentiévitch Pougatchov, un boucher
Julie Sicard Margarita Ivanovna Péresvétova, une gérante de restaurant
Serge Bagdassarian Aristarque Dominiquovitch Grand-Skoubik, un intellectuel
Adeline d’Hermy Maria Loukianovna (Macha), une salariée, épouse de Sémione
Jérémy Lopez Sémione Sémionovitch Podsékalnikov, un chômeur, époux de Macha
Clément Hervieu-Léger Igor Timoféïévitch Iégorouchka, un coursier de la police militaire
Anna Cervinka Cléopatra Maximovna, une bourgeoise romantique et une modiste
Yoann Gasiorowski Viktor Viktorovitch, un écrivain
Clément Bresson Alexandre Pétrovitch Kalabouchkine, un voisin, amant de Margarita
Adrien Simion Père Elpidy, un prêtre, un type douteux et un croque-mort
Léa Lopez Raïssa Filippovna et une couturière
Melchior Burin des Roziers un jeune homme, Kostia, un type douteux et un croque-mort
Vincent Leterme Stépan Vassiliévitch Péresvétov, époux de Margarita et piano
Véronique Fèvre clarinette Hervé Legeay* guitare Martin Leterme* guitare *en alternance
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Une pièce qui doit être sympa à voir ! Elle n’est pas trop longue ?
2heures 15, ça passe bien !
Merci pour la découverte car le titre ne m’aurait pas attirée alors que la pièce a l’air grinçante comme j’aime et non dénuée d’intérêt 🙂
le titre est trompeur!