Iphigénie de Jean Racine -Stéphane Braunschweig

 Iphigénie de Jean Racine mis en scène par Stéphane Braunschweig, pour poursuivre la série des #mardiconseil #spectacle en version diffusion et replay de Culturebox! Un spectacle enregistré aux ateliers Berthier de l’Odéon-Théâtre de l’Europe.

J’en profite pour redécouvrir quelques classiques! Mes souvenirs d’Iphigénie remontaient à bien loin, l’occasion d’une agréable révision!

Le spectacle a été crée en septembre dernier, dans cette toute petite fenêtre d’ouverture des théâtres entre deux périodes de fermetures pour cause de Covid.

Iphigénie (Suzanne Aubert), Eriphile (Chloé Réjon) Doris (Astrid Bayiha) (© Simon Gosselin)

Avec : Suzanne Aubert (Iphigénie), Sharif Andoura (Ulysse) , Jean-Baptiste Anoumon (Arcas), Astrid Bayiha (Doris), Anne Cantineau (Clytemnestre), Glenn Marausse (Eurybate), Pierric Plathier (Achille), Chloé Réjon (Ériphile) Jean-Philippe Vidal (Agamemnon) Clémentine Vignais (Ægine)

Dans une scénographie d’une très grande sobriété (deux chaises, la mer en fond…), les vers de Racine peuvent se déployer sans entrave . La langue résonne comme une évidence , c’est un vrai plaisir de l’entendre ainsi et de se plonger au coeur de la tragédie des Atrides.

Sur le rivage d’Aulis, la flotte grecque est à l’arrêt. Pas un souffle de vent pour la mener vers Troie et reprendre les combats de cette guerre interminable.

Un monde à l’arrêt… tout clin d’oeil à l’actualité ne serait pas fortuit !

Mais ici, les devins s’en mêlent. Le tout puissant Calchas a rendu sa sentence : pour pouvoir partir au combat, Agamemnon doit sacrifier aux dieux sa fille: Iphigénie.

Il l’attire dans ce piège dramatique avec la promesse d’une union avec Achille. Mais lorsque Clytemnestre , son épouse, et Iphigénie arrivent à Aulis, le roi Agamemnon vacille. Ce sacrifice est-il vraiment inévitable? Tandis que les chefs s’interrogent, une autre histoire se joue sur le camp. Ériphile, faite prisonnière par Achille lors du ravage de Lesbos est tombée amoureuse de lui. Elle ignore tout de sa naissance, sait seulement qu’un bien sombre destin plane au dessus d’elle. Ce n’est qu’en trouvant la mort qu’elle saura de quel couple prestigieux elle est la fille.

Qu’est-on prêt à sacrifier ? Et pour quelle cause? En généralisant ces questions, la tragédie n’a pas fini de nous interroger. Et entre bien commun et intérêt personnel, quel chemin trouver ?

Si les atermoiements des guerriers ne m’ont guère passionnée, je l’ai été beaucoup plus par ce qui se passait du côté des femmes. Entre la colère de Clytemnestre, farouchement opposée à l’idée de sacrifier sa fille, le cheminement psychologique d’Iphigénie, vers l’acceptation de ce destin, j’ai redécouvert le personnage d’Eriphile, que j’avais oubliée. Le mérite en revient beaucoup aux 3 interprètes féminines. Chloé Réjon donne une grande profondeur à son personnage. Qu’il est « confortable » pour certains d’en faire la victime à sacrifier à la place d’Iphigénie. Une prisonnière, étrangère, aux origines inconnues… et en plus rivale amoureuse d’Iphigénie, tellement facile d’en faire la « méchante » à éliminer sans scrupule. Iphigénie la pure et blanche princesse, Eriphile, toute de noire vêtue, tellement facile de les opposer… Mais ici, Eriphile revêt bien plus de nuances. Un personnage charnière, qui fait avancer la pièce, et qui marque les esprits. Le faux happy-end laisse bien songeur… les malheurs n’ont pas fini de s’abattre sur cette famille.

J’ai beaucoup aimé redécouvrir cette pièce ainsi, encore une fois saluons ces diffusions et espérons très vite une réouverture des salles!

Iphigénie de Jean Racine mis en scène par Stéphane Braunschweig

mise en scène et scénographie Stéphane Braunschweig; collaboration artistique Anne-Françoise Benhamou; costumes Thibault Vancraenenbroeck, lumière Marion Hewlett , son Xavier Jacquot, vidéo Maïa Fastinger

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