La société du mystère roman par Dominique Fernandez

Grasset, janvier 2017

Mon petit mot

J’avais lu il y a quelques temps Porporino ou les mystères de Naples  de Dominique Fernandez , je me suis plongée avec beaucoup de plaisir dans ce pavé consacré cette fois à l’art florentin du XVIème siècle, plus particulièrement centré sur trois artistes, Pontormo, Agnolo Bronzino et Alessandro Allori.

J’ai eu pourtant un peu de mal à entrer dans l’ouvrage, le narrateur contemporain n’apportant à mes yeux pas grand chose. Une fois arrivée dans la Florence de l’époque, plus de réticence. On suit les artistes dans leur vie quotidienne, avec une multitude de détails, de leur nourriture à leurs vêtements, on s’y croirait vraiment!

L’auteur centre son analyse sur la sexualité des artistes, la représentation du corps dans l’art, et permet ainsi de redécouvrir de nombreuses oeuvres et les liens entre elles

Visitation, fresque, église Santissima Annunziata de Florence. Le « putto » nu aux jambes écartées mis en parallèle avec le Diogène de L’école d’Athènes de Raphael : 
détails

La place du nu masculin, Pontormo, détail fresque la Villa Medici di Poggio a Caiano

Mais tout ceci va se heurter à l’église, l’inquisition, la contre réforme, les tableaux sont de véritables enjeux théologiques ou politiques et la place de l’artiste est particulièrement délicate.
Alors pour certains, les détails minuscules de leurs oeuvres deviennent l’occasion d’affirmer leur véritable opinion, plus ou moins dissimulée dans un nuage ou l’ombre d’un recoin de la peinture.

L’analyse des oeuvres est passionnante, telle celle de Allégorie avec Vénus et Cupidon d’Agnolo Bronzino, que de symboles!
Angelo Bronzino - Venus, Cupid, Folly and Time - National Gallery, London.jpg
Angelo Bronzino 003.jpg

Et si les soucis ne viennent pas de l’église, c’est du côté des puissants qu’ils arrivent.
Une Italie en guerre, Charles Quint, les rivalités entre familles, la Renaissance est loin d’être une période de paix, et être peintre de cour se révèle être une charge redoutable!

Sans parler des rivalités entre artistes (la jalousie d’un Vasari par exemple), la dépendance par rapport aux mécènes,  ou leur non acceptation par leur famille, ou encore des exils ou autres procès, la vie d’artiste est loin d’être un long fleuve tranquille !

Portrait d’Éléonore de Tolède et son fils Giovanni de Medicis par Bronzino

A travers ces trois générations d’artistes, on visite Florence, Rome, et Venise, on glisse de la renaissance vers le maniérisme, jusqu’aux funérailles de Michel Ange.

De nombreux tableaux sont évoqués, un fourmillement d’anecdotes fait découvrir de multiples détails qui échappent totalement au premier regard!

Par exemple dans le portrait de  Cosme Ier de Médicis en Orphée

Agnolo Bronzino - Portrait of Cosimo I de' Medici as Orpheus - Google Art Project.jpg
ou les mascarons du fauteuil du portrait de Lucrezia Panciatichi 
 
File:Angelo Bronzino - Portrait of Lucrezia Panciatichi (detail) - WGA3267.jpg

Bref, une plongée intéressante dans l’art florentin! Et une lecture à prolonger impérativement par une observation détaillée des tableaux cités!

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16 commentaires

  1. Je l'avais mis dans la liste de mes envies de janvier, je ne l'ai pas vu en librairie. Je verrai ça un peu plus tard ;o) mais ça s'annonce intéressant ! Sur le même thème, tu aimerais peut-être \ »Libica\ » d'Alain le Nineze !

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