L’amour commence en hiver , Simon Van Booy

traduction Micha Venaille

Un court roman, dévoré en une soirée, qui a tout a fait comblé mes attentes nées de critiques lues à gauche et à droite de ce texte.
Deux êtres dont on suit d’abord les vies parallèles, puis leur croisement.

Deux êtres qui ont vécu le même drame ou presque, la disparition accidentelle d’un enfant dans leur propre enfance, meilleure amie de l’un, petit frère de l’autre, et qui depuis, ont avancé dans la vie avec les fantômes du passé et cette plaie inguérissable.
L’une conserve des glands dans sa poche, l’autre une moufle et emballe des cailloux… comment vivre avec cela… comment les autres personnes de l’entourage, les parents de ces enfants disparus, réagissent eux même, la culpabilité, le temps qui passe, …L’un est devenu violoncelliste renommé, et de salle de concert en hôtel de luxe, il promène son désarroi. L’autre écoute le chant des oiseaux. Autour, il y a le froid du Québec d’abord, des atmosphères crées toute en délicatesse en quelques mots. Au détour d’une ligne , l’émotion vous saisit (le père qui finit par couper l’arbre qui a causé la mort de son fils, le petit mot envoyé par le voisin), le sourire vient aussi, à travers les petits bonheurs du quotidien à saisir, le boulanger des enfants, la femme laissant sa place à la petite file pour une promenade en calèche. C’est très bref, mais cela reste en mémoire, comme une douce musique, à la fois tendre et mélancolique.

C’est la musique qui m’avait d’abord attirée vers cet ouvrage, le concertiste, l’importance de son instrument, son violoncelle fabriqué au XVIII à Noto en Sicile (un petit clin d’oeil au passage à l’Italie qui m’est chère, cela me comble encore plus, comme au détour d’une page, la ville de Tours citée comme lieu de concert du héros). Un instrument qui appartenait à son grand-père disparut pendant la guerre, là encore, souvenirs.. ombre des disparus… le violoncelle et la chaise sur laquelle il s’installe pour jouer…
L’oiseleur aussi, qui évoque pour moi le Papageno de la flûte enchantée.Bref, une jolie promenade, à la fois musicale et la découverte d’un auteur à l’écriture qui m’a séduite, de la douceur, de l’efficacité, de la poésie, bref, c’est pour moi une très belle entrée dans les parutions de cette rentrée littéraire!

10 commentaires

  1. c'est toujours intéressant je trouve de comparer les couvertures selon les zones de diffusion!J'étais à un concert ce soir…et j'ai beaucoup plus regardé les violoncellistes qu'à l'habitude, j'avais encore cette belle lecture en tête!

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