A son image de Jérôme Ferrari

Actes Sud

A son image de Jérôme Ferrari

Voilà un roman qui place d’emblée de lecteur au coeur de son sujet: il s’ouvre quasiment sur l’accident de voiture fatal à Antonia, une jeune photographe corse dont il va, le temps de ses funérailles, nous relater la trop courte vie.

Chaque chapitre s’ouvre par l’intitulée d’une photo qu’elle aurait prise, et nous offre autant d’instantanés de sa  vie : la naissance de sa passion pour la photographie, les liens avec les mouvements indépendantistes corses, sa vie sentimentale, son travail « alimentaire » au sein d’un journal local, puis son départ en Yougoslavie pour couvrir les combats, le difficile retour, les interrogations sur le sens de tout cela et sa « reconversion » comme photographe de mariage.
L’histoire d’un échec…

Au fil de ces passages, on creuse des interrogations autour du rôle du photographe, de guerre en particulier. Jérôme Ferrari convoque plusieurs exemples bien réels autour de son héroïne, et si le propos est très intéressant, ces sortes de parenthèses m’ont empêchée d’éprouver au final beaucoup d’empathie pour Antonia, en ayant l’impression de lire parfois plus un essai socio-historique qu’un roman.
C’est aussi un intéressant tableau de la Corses de ces dernières décennies. 

De quoi réfléchir en tout cas sur les médias et les représentations de la violence en particulier !

Les dix-sept valises, Isabelle BARY

12 commentaires

  1. Les avis sont plutôt mitigés mais j'avais envie de le lire surtout pour le thème. En plus, je n'ai encore rien lu de cet auteur…

  2. CoucouJe pense que cette histoire fictive a dû être pour l'auteur justement l'occasion de parler de sujets autour des journaliste de guerre qu'on aborde peu foinalement. Après, effectivement, ce n'est pas toujours ce que le lecteur attend, car on est peut être plus dans ce type de roman dans une recherche émotionnelle.Passe une belle journée

  3. J'ai beaucoup aimé le côté instructif de ce récit : l'histoire de la photographie de guerre à différents moments de l'Histoire. Je n'ai pas non plus été touchée par le personnage de Paulina, mais j'ai aimé ce roman. Il m'a fait penser au dernier livre de Maylis de Kerangal, Un monde à portée de main, où l'histoire du trompe l'œil semble plus importante que les personnages : j'ai beaucoup aimé aussi !

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