La Femme de trente ans d’Honoré de Balzac

Ecrit entre 1829 et 1842, il est classé dans les « Scènes de la vie privée » de La Comédie humaine.

«À trente ans,» l’héroïne de Balzac découvre que non seulement elle peut encore être aimée mais qu’il ne lui est plus interdit de devenir un être humain à part entière. Au prix de quelles luttes ! Comme l’écrit Pierre Barbéris, «Balzac a découvert la femme de trente ans comme Marx a découvert le prolétariat».

Trente ans, c’est l’âge de la vérité, l’âge où se concentrent toutes les forces vitales avant le déclin, où le besoin de vivre devient impérieux. À trente ans, Julie d’Aiglemont, dont ce roman nous retrace la vie, cède à l’adultère, pour échapper à un mariage décevant… De la jalousie au meurtre, du meurtre à la fuite, cet acte coupable mènera, implacablement, à la ruine de la famille tout entière. La Femme de trente ans, œuvre noire et mystérieuse, est l’un des grands romans de Balzac sur la femme et sa condition
Mon petit mot
Relire Balzac.
Lire Balzac.
C’est grâce à  Bellevue de Claire Berest que je me suis replongée dans Balzac et dans ce texte étonnant.
Je n’en connaissais que des extraits du premier chapitre, la description de La Loire du côté de Vouvray, l’arrivée sur Tours, lié à une promenade en bateau dont je parlais ici : La loire en bateau  j’avais déjà eu envie à l’époque de lire la suite, c’est enfin chose faite!
Et j’ai découvert un roman étonnant.
 En effet, certains passages peuvent tout à fait être qualifiés de féministes (d’autres moins, le talent de l’écrivain est sans doute de doser l’équilibre pour que chaque lecteur y trouve son compte!) autour de la place de la femme dans le mariage, dans la société, bien peu enviable, les rapports aux hommes , de nombreuses citations font mouche!
Nous sommes, nous femmes, plus maltraitées par la civilisation que nous le serions par la nature.  (…) Le mariage, institution sur laquelle s’appuie aujourd’hui la société, nous en fait sentir à nous seules tout le poids : pour l’homme la liberté, pour la femme des devoirs. Nous vous devons toute notre vie, vous ne nous devez de la vôtre que de rares instants. Enfin l’homme fait un choix là où nous nous soumettons aveuglement (…) Le mariage tel qu’il se pratique aujourd’hui me semble être une prostitution légale (…) 
La suite du texte montre que l’émancipation n’est qu’un doux rêve, on bascule dans un enchaînement de catastrophes (qui en ferait presque sourire tant l’accumulation est importante, le chapitre 5 m’a paru « too much » l’enlèvement , les pirates, le naufrage, les retrouvailles tragiques… ! ). Culpabilité, bonheur impossible, répercussions dramatiques sur toute la famille…Le roman se compose de plusieurs parties, séparées parfois de plusieurs années, il y a beaucoup d’ellipses dans le récit, de non-dits, au lecteur de reconstituer les blancs et de devoir poser lui même parfois un mot terrible sur un fait qui n’est qu’évoqué.

De beaux portraits, beaucoup de psychologie, de la passion, des drames, des rebondissements… un roman sombre, aux multiples facettes.

Bref, relire Balzac!
Montcontour et la Loire  La Touraine d’Honoré de Balzac
Un des extraits autour de la Loire
[…]contempler à leur réveil un des plus beaux sites que puissent présenter les  séduisantes rives de la Loire. À sa droite, le voyageur embrasse d’un regard toutes les sinuosités de la Cise, qui se roule, comme un serpent argenté, dans l’herbe des prairies auxquelles les premières pousses du printemps donnaient alors les couleurs de l’émeraude. À gauche, la Loire apparaît dans toute sa magnificence. 
Les innombrables facettes de quelques roulées, produites par une brise matinale un peu froide, réfléchissaient les scintillements du soleil sur les vastes nappes que déploie cette majestueuse rivière. Çà et là des îles verdoyantes se succèdent dans l’étendue des eaux, comme les chatons d’un collier. De l’autre côté du fleuve, les plus belles campagnes de la Touraine déroulent leurs trésors à perte de vue. Dans le lointain, l’œil ne rencontre d’autres bornes que les collines du Cher, dont les cimes dessinaient en ce moment des lignes lumineuses sur le transparent azur du ciel. 
À travers le tendre  feuillage des îles, au fond du tableau, Tours semble, comme Venise, sortir du sein des eaux. Les campaniles de sa vieille cathédrale s’élancent dans les airs, où ils se confondaient alors avec les créations fantastiques de quelques nuages blanchâtres.[…]

10 commentaires

  1. Je pensais, en voyant le titre, l'avoir lu mais ce que tu en dis ne me rappelle rien du tout. C'est à force de lire et relire Balzac moi aussi, je finis par tout mélanger ! Il faudra donc que je lise celui-ci aussi, un de ces jours…

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  2. Il fait partie des Balzac qui me tente moins. J'en ai d'autres à lire avant… Je croyais que c'était une sorte d'essai mais je me trompe à ce que je vois…

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  3. Ah toi aussi tu te lances dans le marathon Balzac (il faut prévoir quelques années devant soi). Le début contient en effet une très belle évocation de la Touraine.

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