Le tour d’écrou Henri James

Le mois de juin sera anglais (enfin, et portugais ici , puisqu’il y aura la suite de mes articles autour de notre voyage au Portugal!), plusieurs livres de ma PAL m’ont fait les yeux doux, et l’enthousiasme de plusieurs blogueuses participantes m’ont convaincue : je rejoins le mois anglais, organisé par TitineCryssilda et Lou .

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Plusieurs lectures en projet de Ann Granger à Virginia Woolf, on verra ce que j’arrive à lire!

Mais pour commencer, une nouvelle que je voulais lire depuis plus d’un an (après avoir vu une belle représentation de The turn of the screw de Benjamin Britten à l’ Opéra de Tours) c’est enfin chose faite!

J’espérais trouver dans la nouvelle des réponses aux questions que l’opéra avait laissé en suspens, autant le dire tout de suite, je suis restée sur ma faim!

Le mystère reste prédominant, les personnages tout aussi énigmatiques, tant sur leur passé que sur ce qui se passe réellement dans ce manoir…

Et pourtant, la lecture m’a tout autant séduite que la représentation, j’ai beaucoup aimé la façon dont l’ambiance est posée, la tension qui monte, l’imagination qui met en œuvre des scénarios les plus terribles les uns que les autres…

Et c’est bien là la richesse de ce texte, on peut y trouver tant de strates différentes!

De la « simple » folie de la narratrice, ou d’une classique « histoire de fantômes » à la dénonciation des abus sexuels envers les enfants, des personnages bien plus complexes qui ne le paraissent au premier abord (l’institutrice peut-être pas si « blanche » que cela) , la place des femmes et des enfants dans la société de l’époque, le monde des domestiques, beaucoup d’ambiguïtés en tout cas qui mettent le lecteur à forte contribution pour sortir de ce dédale!

Du fantastique à la pédophilie, de l’hystérie à la manipulation, à chacun d’y trouver ses réponses, pour ma part, je reste dans le mystère, et l’ambiguïté fait pour moi justement l’intérêt de ce « tour d’écrou. »
Et puis après tout c’est bien ce que dit le texte, non ?  

Et l’histoire ne le dira pas, repris Douglas. Du moins, d’une façon littérale et vulgaire.

Texte lu sur docazur
que l’on peut aussi écouter sur franceculture

 en musique:

Une lecture à effectuer pourquoi pas en musique en réécoutant la version opératique, et à prolonger en en découvrant différentes mises en scène , par exemple, à Lyon l’année dernière et dont les visuels (le côté toile d’araignée) sont intéressants, avec l’utilisation en particulier de la vidéo  :

Pour commencer le mois anglais:

et dans le cadre des challenges

19 commentaires

  1. Je suis d'accord avec toi, il faut garder à ce texte une part de mystère, d’ambiguïté que Henry James ne voulait pas lever.

  2. Aucun souvenir de cette lecture si ce n'est une petite déception. Il faudrait que je le relise car il est très court…

  3. Tout le mystère (et le génie) de cette nouvelle tient justement dans sa formule: une histoire horrible racontée le soir au coin du feu sans qu'il soit possible de décider quelle est précisément la source, donc la nature de l'horreur (fantastique, psychologique, etc). Curieusement, James n'aimait pas trop cette nouvelle, dont il trouvait le procédé artificiel…

  4. Effectivement toute la nouvelle repose sur ce qui n'est pas dit! Tu as vu le film Les innocents de Jack Clayton avec Deborah Kerr adapté de Le tour d'écrou?. très bonne adaptation!

  5. De la pédophilie dans cette nouvelle ? Je suis passée totalement à côté au cours de ma lecture ( qui date un peu …)

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