Avis La solitude des professeurs est infinie de Yannick Haenel

Mon avis sur le roman La solitude des professeurs est infinie de Yannick Haenel, paru aux éditions Gallimard le 20 août 2026

Mon avis sur le roman La solitude des professeurs est infinie de Yannick Haenel, paru aux éditions Gallimard le 20 août 2026

J’ai hésité longtemps avant lire ce roman, comme souvent lorsque cela touche d’un peu trop près à mon quotidien, et finalement, j’ai trouvé l’angle choisi par Yannick Haenel particulièrement juste. La lecture non seulement a été moins « difficile » que je ne pensais, mais m’a vraiment captivée.

Il revient sur ses propres années de jeune professeur à travers son faux double littéraire, Jean Deichel, personnage qui traverse déjà plusieurs de ses romans (que je n’ai pas lus, c’était ma première rencontre avec l’auteur et je m’hésiterais désormais pas à continuer à explorer son œuvre.)

Jean a 22 ans, le CAPES et l’agrégation en poche, beaucoup de littérature en tête… mais finalement assez peu d’idée de ce qui l’attend réellement devant une classe ! Le voilà professeur stagiaire dans un collège de Mantes-la-Jolie, en banlieue parisienne. Il loge dans une petite chambre au-dessus d’un club de tennis à Deuil-la-Barre, enchaîne les longs trajets et découvre peu à peu ce métier.

Les premiers cours, les élèves, les collègues, les conseils pas toujours très utiles, la hiérarchie et l’administration loin d’être toujours bienveillantes…  Mais aussi ces moments de grâce, où, soudain, un cours fonctionne. Où les élèves écoutent. Où quelque chose passe. Gérard de Nerval, avec sa traduction du Roi de Thulé de Goethe,  donne ainsi lieu à un moment magique.

La solitude des professeurs est infinie n’est pas un essai sur l’Éducation nationale, c’est d’abord un roman d’apprentissage autour de l’histoire d’un jeune homme qui se cherche. Jean enseigne, lit énormément, écoute de la musique, tombe amoureux, se trompe, boit parfois un peu trop, rêve d’ailleurs… bref, cherche sa place dans son métier comme dans sa vie. Un vase brisé va avoir des répercussions inimaginables … Mais il est bien seul pour traverser ces années… La solitude n’est pas que dans son métier.

De nombreux auteurs traversent bien évidemment le roman, Marguerite Duras notamment, mais aussi Rimbaud, Baudelaire, Dostoïevski, Charlotte Delbo, Moby Dick…Sans oublier le Zohar et toutes les références plus mystiques qui traversent également le texte.

Derrière le roman d’apprentissage , j’ai trouvé la réflexion très juste sur le métier d’enseignant, parce qu’il en montre tout autant les difficultés, la fatigue, la précarité des débuts, les rapports avec la hiérarchie, les attentes parfois contradictoires de l’institution… que les joies, l’enthousiasme, l’attachement aux élèves… dans un bel équilibre. Il parlera différemment forcément aux enseignants et aux autres auquel il rappellera également des souvenirs de collégien, les préfabriqués, la dictée de l’emploi du temps, et ces sonneries qui rythmaient la journée…
Et l’écriture de l’auteur que je découvrais m’a séduite! En avez vous d’autres à me conseiller ?

Une très belle découverte de cette rentrée littéraire !

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16 commentaires

  1. Je craignais un roman à charge contre l’Education nationale, mais cet écueil est visiblement évité, alors pourquoi pas ?

  2. Un roman que je note autant pour le côté roman d’apprentissage auquel je suis sensible que la réflexion sur le métier d’enseignant qui semble englober le bon comme le moins bon.

  3. Je suis prof et je m’étais dit oh non encore un … je suis en train de réviser mon jugement 🙂

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