Avis lecture Le Fabuleux piano de Sonia Devillers

Mon avis sur Le Fabuleux piano de Sonia Devillers, paru chez Robert Laffont le 27 août 2026

Avis lecture Le Fabuleux piano de Sonia Devillers

Voilà une très belle découverte de cette rentrée littéraire 2026, lue en partenariat avec NetGalley.

Tout commence par le souvenir d’un piano laissé en Roumanie par la grand-mère de Sonia Devillers lorsqu’elle a dû quitter le pays. En cherchant sa trace, l’autrice en découvre un autre : un magnifique piano à queue Érard ayant appartenu à la famille Enoch, célèbre famille d’éditeurs de musique juifs, volé par les nazis en 1943 et jamais retrouvé. Une quête dans laquelle elle entraîne le lecteur avec passion!

Mais Le Fabuleux Piano va très vite bien au-delà de la recherche d’un instrument. Sonia Devillers remonte toute l’histoire de la famille Enoch, de leur maison d’édition, des musiciens et compositeurs qu’ils ont croisés, tout en faisant résonner cette histoire avec celle de sa propre famille, contrainte elle aussi à l’exil depuis la Roumanie.

J’ai beaucoup aimé ces deux histoires familiales qui se répondent, autour de la musique, de l’exil, des objets perdus et de tout ce qu’ils représentent dans une mémoire familiale.

Et quelle histoire que celle des éditions Enoch ! Au fil des pages, on croise de nombreux noms connus, de Ravel à Prévert, Joseph Kosma ou Yves Montand. On découvre aussi les coulisses de la naissance des Feuilles mortes, publiées par les éditions Enoch.

Mais le cœur du propos reste bien les spoliations.

Si le sujet des œuvres d’art volées aux familles juives pendant la Seconde Guerre mondiale est bien connu— j’avais notamment chroniqué la BD consacrée à Rose Valland — pour ma part, j’ignorais l’ampleur du pillage concernant les instruments de musique, les partitions, les bibliothèques musicales… et plus largement encore, le vidage systématique des appartements des familles juives. Plus seulement les tableaux ou les objets précieux : les meubles, le linge, la vaisselle, les instruments, les objets du quotidien… toute l’histoire familiale disparue dans des camions vers l’Allemagne.

Bref, une quête familiale et historique passionnante, très documentée, mais jamais pesante à lire, autour d’un piano certes, mais surtout autour de la mémoire, de l’exil, de la musique et des traces laissées par les spoliations nazies.

Une très belle découverte pour commencer cette rentrée littéraire 2026 !

Et pour retrouver toutes mes chroniques de cette rentrée littéraire : Mes lectures repérages coups de cœur rentrée littéraire 2026

et une participation au challenge https://ennalit.wordpress.com/2025/12/01/challenge-petit-bac-2026-qui-veut-jouer/


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