La lucarne de José Saramago

Traduit par Geneviève Leibrich

 Mon petit mot

Lors de mon voyage au Portugal, et de mon passage à Lisbonne devant la fondation qui est consacrée à cet auteur, j’ai réalisé que je n’avais encore rien lu de lui, alors ce partenariat chez Livraddict tombait à point nommé !
A Lisbonne :

On a tous surpris un jour, aux hasard d’un déplacement de nuit, une scène fugitive derrière une fenêtre éclairée, un arrêt à un feu tricolore, le regard qui vagabonde, s’attache à un carré de lumière, devine un lustre, un meuble, le halo d’une télévision, et dans lequel parfois un personnage apparait, micro-scène aperçue dans les hasards du quotidien (et parfaitement rendu par l’oeuvre Tableaux d’intimité d’Anne-Laure Maison dont un extrait a été judicieusement choisi pour couverture de ce livre dans la collection Points )
Pour découvrir les oeuvres de cette artiste: Tableaux-d-intimites
Et c’est un peu à ce jeu que nous entraîne José Saramago: un immeuble, années 50, dans le Portugal de la dictature de Salazar.
Il saisit des instantanés, dans les parties communes de l’immeuble, comme au sein du secret des appartements, et profite de ces différents occupants pour dresser une galerie de personnages très complète, et permettant de mettre en lumière quantité de points noirs sous le joli verni des apparences.
Des habitants croqués avec un sens de la psychologie qui nous fait entrer très rapidement dans chacun de leur univers.
Des couples au bord de l’explosion, de la haine, de la jalousie, la pauvreté, la vieillesse, les rapports hommes /  femmes, Portugais / Espagnols, les espoirs de la jeunesse, ou les renoncements, et puis l’amour, secret, interdit, tarifé…  tant de points qui accrochent, à tous les étages de l’immeuble.
Subversif dans le contexte de l’époque? En mettant en lumière les secrets et les zones d’ombres, de mesquinerie, de machisme, d’égoïsme, de suspicion  et de méchanceté pure de la « vie ordinaire » de ces « Monsieurs et Madames tout le monde », ce sont en effet bien des travers de la société d’alors qui sont mis au devant de la scène. Mais il y a aussi des moments heureusement plus positifs, des petites touches claires dans un ensemble bien gris.
Et pour un premier roman non publié à l’époque, tant l’écriture que le fond, révèlent déjà la qualité de l’auteur!
A lire en écoutant un air de fado, ou en replongeant dans La neuvième de Beethoven.
Un texte qui est une belle « première rencontre » avec cet auteur et conforte mon avis de découvrir d’autres aspects de son oeuvre littéraire (et de (re)découvrir Diderot et Pessoa) !

Merci à Livraddict et aux éditions Points pour cette lecture

 

8 commentaires

  1. J'ai lu et fait un billet sur Le Dieu manchot (le seul livre que j'ai lu de lui); Ce n'est pas une écriture facile, il faut s'accrocher, mais quel univers extraordinaire!

  2. Je te conseille, puisque tu as envie de continuer, L'aveuglement et Les intermittences de la mort ! Des coups de cœur !

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