Mon avis sur le spectacle Les gestes d’après, écrit et interprété par Coralie Emilion-Languille, dans une mise en scène de Benjamin Georjon et Coralie Emilion-Languille, à découvrir à Artéphile pendant le Festival OFF d’Avignon 2026.
Pour retrouver toutes mes chroniques, mes coups de cœur et mes repérages, c’est ici : Que voir au Festival d’Avignon OFF 2026 ? Sélection coups de cœur et avis et là : Que voir au Festival d’Avignon 2026 ? Première sélection de spectacles du IN.
Mon avis sur Les gestes d’après à Artéphile

Depuis Femmes de boue, dont je garde un excellent souvenir, j’ai continué à suivre avec attention le travail de Coralie Emilion-Languille.
Je l’ai retrouvée dans Valentina – Tchernobyl – Née pour l’amour, puis à travers son livre Les gestes d’après et tout l’univers très personnel qu’elle partage sur les réseaux sociaux, entre textes, dessins, corps et nature.
J’étais donc très curieuse de découvrir comment cette parole intime et poétique allait prendre vie sur scène.
Pari réussi !
Les gestes d’après parle de l’après. De ce qui vient après l’inceste, après le traumatisme, lorsque la survie ne suffit plus et qu’il faut tenter de retrouver pleinement le chemin de la vie.
Il ne s’agit pas de raconter frontalement les violences subies, mais de montrer, d’une manière poétique, le processus de reconstruction : sortir de la honte, se réapproprier son corps, accepter à nouveau le désir, la sensualité, la joie et la possibilité d’être heureuse.
Au creux d’un décor à mi-chemin entre forêt et atelier d’artiste, un masque étrange et des copeaux de bois rouge corail s’accumulent au sol. Ils forment une matière mouvante, un espace de jeu qui va se transformer sous nos yeux, comme les blessures deviennent mots, couleurs et nouveaux gestes.
La scénographie de Laure Montagné est très belle ; danse, sons et lumières viennent prendre le relais lorsque les mots sont impossibles…
Il y a les ombres, la peur et les souvenirs qui reviennent. Mais il y a surtout le choix de ne plus seulement parler de ce qui a été détruit, mais de tout ce qui peut encore être reconstruit. « À chaque instant, sans négociation, se mettre du côté de la vie ! »
De la couleur, du désir, de l’amour, de la nature, de la création et même de l’humour viennent reprendre leur place.
J’ai retrouvé dans le spectacle ce qui m’avait beaucoup touchée à la lecture du livre : cette idée d’une deuxième vie, non pas totalement séparée de la première, mais capable de pousser sur ses décombres, comme une plante qui trouve son chemin dans une fissure. Ces liens qui se tissent, aussi…
Avec le passage à la scène, le corps de l’autrice devient lui-même le lieu de cette reconquête… Lumineuse, chaleureuse, elle porte un formidable élan vers la vie…
En bref, une traversée poétique, charnelle et bouleversante qui transforme les blessures en un puissant désir de vivre.
Les gestes d’après au Festival OFF Avignon en pratique
Les gestes d’après
Texte et interprétation : Coralie Emilion-Languille
D’après le livre éponyme publié aux éditions Unicité
Mise en scène : Benjamin Georjon et Coralie Emilion-Languille
Lieu : Artéphile, salle 1
Adresse : 7 rue Bourgneuf, Avignon
Dates : du 4 au 25 juillet 2026
Horaire : 17h20
Relâches : les 5, 12 et 19 juillet
Durée : 1h
Public : tout public à partir de 12 ans
Scénographie : Laure Montagné
Création lumière : Gaspard Gauthier
Création sonore et musicale : Arnaud Vernet-Le Naun
Costumes et masque : Gwendoline Grandjean
Collaboration artistique : Coraline Lamaison
Regard chorégraphique : Mathias Dou
Production : Honorine Productions et 1977
À voir également à Artéphile pendant le Festival OFF 2026
Parmi les spectacles programmés à Artéphile en 2026 que j’ai également notés :
- Le Chœur des femmes — d’après le roman de Martin Winckler, du 15 au 25 juillet à 15h35
- Et vivre était sublime — autour de Belle du Seigneur d’Albert Cohen, à 20h30
- Mata Hari, titre provisoire — avec Olivia Algazi, à 19h15
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