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Thé à la menthe , ou t’es citron?

Le théâtre dans le théâtre, pour une comédie où l’on rit beaucoup!
Thé à la menthe , ou t’es citron? 11 février 2011, espace Malraux

Nominé au Molière 2010 du meilleur spectacle comique

Un amant, un mari, un placard, le décor est posé : pas de doute, c’est une pièce de boulevard !
Tout ce qu’il y a de plus classique et rabâché, du vu et du revu. Et, pour être franc, un jeu d’acteur qui laisse à désirer… Mais, quand tout à coup, la représentation s’interrompt et qu’un metteur en scène surgit du fond de la salle et monte sur le plateau pour recadrer ses comédiens, on comprend que c’est à cet instant que la véritable scène va se jouer.
Nous sommes à quelques jours de la première représentation d’une pièce de théâtre. Dernière ligne droite. Le trac monte, la mémoire fait encore défaut, les égos sont en émoi, la répétition le montre, il y a encore du boulot.

 
Thé à la menthe , ou t’es citron? Production : Pascal LEGROS Production,

Auteurs : Danielle Navaro-Haudecoeur et Patrick Haudecoeur
Metteur en scène : Patrick Haudecoeur

Avec Nathalie Cerda, Jean-Luc Porraz, Isabelle Spade, Patrick Haudecoeur, Jean-Pierre Lazzerini, Bob Martet, Edouard Pretet, Sandra Biadalla

 
La potion magique pour retrouver pêche et bonne humeur à une semaine des vacances, ce n’est pas le thé-miel-citron, c’est thé à la menthe ou t’es citron !
 
Cela fait longtemps que je n’ai pas autant ri au théâtre, et que je n’en suis pas sortie avec autant de bonne humeur et d’énergie! Rire aux larmes après une semaine chargée, batteries rechargées, un week-end qui commence bien!
Quelques minutes pour se mettre dedans, pour me dire, ok on se pose pas de question, on se laisse aller, mais une fois dedans, qu’est ce que ça fait du bien!
Patrick Haudecoeur – l’auteur de la pièce – joue merveilleusement faux, le technicien et la metteure en scène sont mes deux coups de coeur du soir!
J’avais vu Frou-frou les bains il y a quelques années, qui m’avait déjà laissé un bon souvenir, là ce sera un souvenir d’un grand éclat de rire! 
 
De la même équipe :

Don Pasquale de Donizzetti

Direction musicale : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Sandro Pasqualetto

Décors et Costumes : Valentina Bressan

Lumières : Marc Delamézière

Norina : Daniela Bruera

Don Pasquale : Donato Di Stefano

Docteur Malatesta : Jean-Sébastien Bou

Ernesto : Domenico Menini

Don Pasquale est un vieux célibataire acariâtre. Son neveu et héritier, Ernesto, a refusé d’épouser la jeune femme que Pasquale lui avait choisi, préférant Norina, jeune veuve sans biens. Pasquale décide d’engendrer ses propres héritiers en trouvant une jeune épouse. Malatesta, le médecin de Pasquale (qui est sensible à la cause d’Ernesto), suggère sa propre sœur, Sofronia. Cette dernière est en réalité Norina déguisée, qui épouse Pasquale lors d’une fausse cérémonie. La jeune épouse retenue se transforme aussitôt en harpie dépensière. …

Mon avis :

Un spectacle très sympathique : des beaux décors, de la place de village italien aux maisons enchevêtrées, aux oeuvres d’art qui évoluent dans l’intérieur de la maison, beaucoup d’humour mais aussi de finesse, un duo D.Di Stefano et JS Bou très convainquant scéniquement et musicalement, un choeur très bien utilisé pour figurer quantité de scénettes muettes de la vie de cette place d’Italie, une plongée dans l’univers du cinéma italien des années 50, bref, de quoi donner de la profondeur à cette histoire.. et l’envie de retourner en vacances en Italie!

« Cyrano de Bergerac », d’Edmond Rostand, mise en scène de Gilles Bouillon.

Dramaturgie, Bernard Pico – Scénographie, Nathalie Holt – Costumes, Marc Anselmi – Lumière, Michel Theuil – Musique, Alain Bruel – Assistante mise en scène, Albane Aubry – Maquillages et coiffures, Eva Gorszczyk – Création du nez, Cécile Kretschmar – Assistante costumes, Christine Vollard – Peinture et Sculpture, Thierry Dalat – Régie Générale, Laurent Choquet – Construction du décor, réalisée par l’équipe technique du CDR de Tours sous la direction de Pierre-Alexandre Siméon – Réalisation costumes, Catherine Denully, Marie-Catherine Hirigoyen, Marylène Richard – Maître d’armes, Bertrand Garreaud – Accessoiristes, Emilie Cohuau, Delphine Guibert.
Avec
Christophe Brault, Cyrano de Bergerac
Emmanuelle Wion, Roxane
Thibaut Corrion, Christian de Neuvillette
Cécile Bouillot, La duègne, Mère Marguerite de Jésus
Xavier Guittet, Ragueneau
Philippe Lebas, Comte de Guiche
Denis Léger-Milhau, Lignière
Léon Napias, Montfleury, capitaine Carbon, Castel-Jaloux
Marc Siemiatycki, Le Bret
Louise Belmas,  Pauline Bertani, Stephan Blay, Edouard Bonnet, Brice Carrois, Laure Coignard, Richard Pinto, Mikaël Teyssier


Voilà une très belle mise en scène de cette pièce bien connue!

Avec ce Cyrano, c’est un hymne au théâtre, l’énergie, le panache… mais aussi une émotion, une poésie, qui m’a cueillie… quel bonheur de se « faire avoir » sur un texte que l’on connait pourtant bien ! 

La belle mise en scène de G. Bouillon est portée par un beau plateau de comédiens, Christophe Brault en tête bien secondé par Thibault Corrion ,  le « choeur » des cadets avec les jeunes comédiens du JTRC qui jouent de multiples personnages… Et une mention toute spéciale à P. Lebas, qui donne un bel éclairage au conte de Guiche. Avec une distribution resserrée, on creuse au plus profond la psychologie des personnages, c’est efficace!  

Il faut également saluer un accompagnement sonore de qualité et le décor virevoltant, à la fois très suggestif et qui permet des visuels très poétiques, un bel espace de jeu! 

la redécouverte d’une pièce que je croyais bien connaître, des répliques si connues, mais qui font toujours mouche..

Fidelio, grand théâtre opéra de Tours

Fidelio, opéra en deux actes op. 72 (1814)
Livret de Joseph von Sonnleithner, révisé par Stephan von Breuning et Georg Friedrich Tritschke d’après Léonore ou l’amour conjugal de Jean-Nicolas Bouilly
Textes français extraits du Journal de Leonore de Maud LescoffitChœurs de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Tours
direction : Jean-Yves Ossonce
mise en scène : Marion Wassermann
décors: Amélie Kiritzé-Topor
costumes : Bruno Fatalot
éclairages : Pierre Dupouey
Chef des chœurs : Emmanuel Trenque

Avec :
Ronan Nédélec (Don Fernando), Peter Sidhom (Don Pizarro), Jean-Francis Monvoisin (Florestan), Mireille Delunsch (Leonore), Scott Wilde (Rocco), Sabine Revault d’Allonnes (Marzelline), Stanislas de Barbeyrac (Jaquino), Pierre Rousseau (Erster Gefangener), Yves Sautejeau (Zweiter Gefangener).

Une particularité pour cette production à Tours : l’héroïne a réellement existé. Blanche de Semblançay originaire de Tours, parvient à délivrer son époux des geôles de la Terreur. Cet ancrage local donne un tout autre regard à l’histoire! Fidelio,  est l’unique opéra de Ludwig van Beethoven, ses principaux thèmes sont la dénonciation de l’arbitraire, l’appel à la liberté, et l’amour notamment conjugal qui pousse Leonore, déguisée en homme, à risquer sa vie pour libérer son époux Florestan.

C’est un très beau personnage féminin qu’il offre là! 

Si j’ai beaucoup aimé découvrir l’oeuvre, la mise en scène m’a parfois laissée perplexe, c’est une lecture très sombre nous est ici proposée.

Noir de la scénographie, boue, poussière… nul espoir… descente aux enfers…

Mais il reste le plaisir de la musique et des voix… Mireille Delunsch, Sabine Revault D’Allonnes, pour ne citer qu’elles, sans parler des choeurs et de l’orchestre qui forment le point très positif de la soirée!

Tosca, grand théâtre Tours

Tosca, avril 2010
de Giacomo Puccini, sur un livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, d’après la pièce de Victorien Sardou.

Jean-Yves Osonce, direction
Gilles Bouillon, mise en scène
Avec
Nicolas Beller-Carbone, Tosca
Luca Lombardo, Mario Cavaradosi
Peter Sidhom, Scarpia
Antoine Garcin, Angelotti
Olivier Grand, le Sacristain
Jean-Louis Meunier, Spoletta
Orchestre Symphonique Région Centre Tours

Le dialogue des Carmélites, opéra Tours

Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc, opéra en trois actes et douze tableaux (1957)
Texte de Georges Bernanos
Chœurs de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Tours direction : Jean-Yves Ossonce
mise en scène : Gilles Bouillon
décor : Natalie Holt
costumes : Marc Anselmi
dramaturgie : Bernard Pico
éclairages : Alain Vincent

Avec :
Sophie Marin-Degor (Blanche),  Marie-Ange Todorovitch (Madame de Croissy), Mireille Delunsch (Madame Lidoine), Marie-Thérèse Keller (Mère Marie de l’Incarnation), Sabine Revaut d’Allones (Sœur Constance de Saint-Denis), Nicole Boucher (Mère Jeanne de l’Enfant Jésus), Anna Destraël (Sœur Mathilde), Didier Henry (le Marquis de la Force), Christophe Berry (le Chevalier de la Force), Léonard Pezzino (l’Aumônier du Carmel), Ronan Nédélec (le Geôlier, l’officier), Antoine Normand (Premier commissaire), Yvan Saujeteau (Deuxième commissaire), Mickaël Chapeau (Thierry), Jean-Marc Bertre (Monsieur Javelinot).

Mon avis:

Une belle soirée!

Voilà encore une belle production avec Jean-Yves Ossonce à la tête de l’orchestre et Gilles Bouillon à la mise en scène! Rarement déçue avec l’association de leur deux noms!

Le Dialogue des Carmélites résonne avec gravité, solennité, et beaucoup de détermination chez ces religieuses. 

Un petit rappel de l’argument : En 1789, une jeune femme de l’aristocratie, Blanche de la Force décide d’entrer au Carmel de Compiègne. En pleine révolution française, le couvent est envahi par les révolutionnaires, l’ordre dissous et les religieuses condamnées à mort. Blanche, qui s’était enfuie, les rejoindra finalement sur l’échafaud.

Cette production est portée par une très belle distribution, et s’achève sur un touchant final, traité comme une chorégraphie. Dans une mise en scène ultra-épurée, la mise en valeur des mots, sobriété et puissance de l’émotion…

Le décor est très sobre, des toiles peintes qui montent et descendent, des superbes lumières, et surtout une très belle équipe de chanteuses… Le Dialogue des Carmélites, c’et celui des femmes, solistes ou choeur, bravo à elles, avec une mention spéciale à Marie-Ange Todorovitch , Mireille Delunsch et Sabine Revaut d’Allones, pour leur jeu, leur diction, et leur façon, d’un geste, d’un regard, d’incarner avec beaucoup d’humanités ces religieuses,  des images fortes qui resteront en mémoire, ces femmes alignées avant la guillotine, les grands panneaux du décor….

Une mention spéciale aussi pour la qualité du programme, avec des notes de mise en scène et de nombreuses informations sur l’œuvre.

Music-Hall, de Jean-Luc Lagarce

Music-Hall, de Jean-Luc Lagarce,
mise en scène Lambert Wilson, avec Fanny Ardant, Eric Guerin et Francis Leplay.
octobre 2009 -CDRT

Un spectacle choisi  je l’avoue pour la curiosité de voir Fanny Ardant en actrice ratée…! Mais très vite, le reste m’a séduit aussi!

L’essentiel, c’est l’hymne au théâtre, à la vie, à cette passion, quelle qu’elle soit, théâtre ou chacun y mettra la sienne, qui pousse à se dépasser, à aller toujours plus loin, à vouloir toujours mieux, pour qui? Pour soi finalement, qui pousse à faire toujours le mieux possible, même face à soi-même seulement. Quoi qu’il arrive, elle ne lâche jamais. 
Une Fanny Ardant à la double perruque, blonde patine, puis grise décoiffée , double distance, des scènes ridicules pleinement assumées, et sans que la diction, et cette langue spéciale, cette absence souvent de pronoms personnels ne me gêne, contrairement à ce que je craignais.
 J’en sors avec l’envie de me plonger un peu plus avant dans la lecture de Lagarce, de son journal.

Le jazz et la diva opus 2

mars 2010, espace Malraux 
Avec: Didier Lockwood, Caroline Casadesus, David Enhco et Thomas Enhco.
Mise en scène : Alain Sachs.

Le jazz et la diva, un concentré de bonne humeur qui fait plaisir à voir!

Le mélange des genres, la lutte contre les étiquettes musicales, une chanteuse qui chante des rôles de mezzo, de soprano, de jazz, avec le même plaisir, la Traviata qui dérive en impro jazz, Carmen revisitée, une usine à gaz de folie, et des musiciens virtuoses, j’adore!
2 heures de spectacle, beaucoup de rires , je regrette encore plus de ne pas avoir vu le premier opus!

L’Oiseau rare, Edwige Bourdy

Avec Gilles Baissette et Edwige Bourdy   Mise en scène : Caroline Loeb
Textes : Yves Coudray (sur une idée de C. Loeb)
Le Mardi 17 Mars 2009 à 20h30 à Joué Les Tours (37) dans le cadre du festival Bruissements d’ellesPoussée par les excellentes critiques avignonnaises, j’ai passé une excellente soirée avec un spectacle qui donne la pêche! Après avoir massacré quelques airs de Dalida et Barbara en chantant au retour dans ma voiture je viens de me mettre le Barbier de Séville pour avoir enfin l’air de Rosine en entier et vous livrer mes impressions sur cet …Oiseau rare
Elle sait tout faire…elle chante, elle danse, elle fait l’andouille comme elle le dit elle même, mais surtout, elle nous embarque dans un tourbillon dont on n’a pas envie de sortir…
Une soirée comme je les aime, où l’on est pris d’un bout à l’autre…si la trame est légère, le talent de l’interprète principale fait oublier le reste….Une comédienne – chanteuse rare, capable de me faire rire aux éclats (la chorégraphie en guêpière sur l’escabeau est à mourir de rire)… mais aussi de m’émouvoir avec son « Mourir sur scène »…. et son « Ma plus belle histoire… ». 
Elle n’imite pas, elle est… elle réinvente les chansons, elle les dit, les mots prennent tout d’un coup tout leur sens et des textes que l’on croyait connaître paraissent tout à coup sous un jour nouveau…
Bref, charmée..
Et une pensée particulière pour les pianistes anonymes des auditions et autres concerts..sans qui aucun chanteur ne saurait ce qu’il est… et pour toutes les Arlettes, qui sont passées du conservatoire à caissière en attendant d’avoir le nombre d’heures suffisants pour passer au statut d’intermittent du spectacle… 

Très chère Mathilde

TRÈS CHÈRE MATHILDE , spectacle vu à l’espace Malraux de Joué les Tours, février 2010 . Une pièce d’Israel Horovitz dans une mise en scène de Ladislas Chollat, en tournée après le théâtre Marigny l’année dernière.

Avec Line Renaud , Samuel Labarthe (nommé aux Molières pour ce rôle) et Raphaëline Goupilleau

Mathilde Giffard, 86 ans (ou peut-être plutôt 88…), veuve, vit avec sa fille Chloé dans un superbe appartement face au jardin du Luxembourg.

Voilà qu’un jour y débarque Mathias, un américain qui vient d’en hériter à la mort de son père… Enfin, c’est ce qu’il croit… mais l’appartement a été vendu en viager,  et Mathias, sans le sou, qui espérait le vendre rapidement, se retrouve dans une situation délicate!

Mais cet héritage est bien plus compliqué qu’il ne le croit alors… tout comme la cohabitation forcée des trois protagonistes ! 

De secrets de famille en rebondissements, il n’est pas au bout de ses surprises !

Samuel Labarthe (grand souvenir de La boutique au coin de la rue) est aussi hilarant avec son accent américain que touchant au fur et à mesure que se dévoilent les failles de son personnage.

Line Renaud est une Mathilde à la fois rayonnante et émouvante (et quel bonheur on sent aux liens si forts qui unissent la comédienne et son public).

Raphaëline Goupilleau compose une Chloé complexe tout en nuances, du rire aux larmes, toujours sur le fil. 

Bref, de rebondissements en révélations, du rire à l’émotion, un très beau moment de théâtre! 

Et une mention spéciale à l’élégance du décor pour la scène d’ouverture! 

Laissez-moi sortir! février 2010 Le Vinci

de Jean-Marie Chevret

Mise en scène de Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé

Avec Annie Cordy et Mimi Lebon

J’y allais pour deux raisons:

– parce que j’avais envie d’une soirée de rires et de détente, et que c’est ce que le « ‘pitch » promettait

– parce que le texte est de JM Chevret, et qu’habitant la touraine où il est né, il fait partie des auteurs que j’aime à suivre

Le bilan.

Objectif côté auteur comblé : non seulement pour les citations locales (après avoir casé saint-Epain dans Faux départ, JM Chevret réussi cette fois ci à placer la forêt de Loches et Chanceaux….) mais en plus, il était présent dans la salle à Tours.

Pour le rire.. c’est autre chose..et l’anecdote qu’il situe à Loches est d’ailleurs particulièrement tragique, on rit souvent certes, avec quelques répliques qui font mouche et qui restent en mémoire, mais le fond de la pièce est plutôt sombre finalement. Je pensais en sortir toute légère, j’en suis sortie pensive…. ce qui n’est pas plus mal.. mais ce n’était pas prévu!

Quand à Annie Cordy, que dire qui n’est pas été dit? Énergie, présence, décontraction, « positive attitude ».. une grande dame quoi! (et très sympa dans les médias locaux, c’est son interview à la radio locale qui m’a poussée à acheter une des dernières places!)

Bref, un spectacle a ne surtout pas réduire à l’aspect comédie comme la presse a tendance à le faire.

Tempête ! Irina Brook , d’après la Tempête, de Shakespeare

Espace Malraux, 4 mai 2011

Avec : Hovnatan Avedikian, Renato Giuliani, Scott Koehler, Bartlomiej Soroczynski, Ysmahane Yaqini

Sur une île déserte, prenez un Prospero en exil, magicien et « Maestro de la pizza » trahi 27 ans plus tôt par « son ami, son frère de sang Alonso », mijotant sa vengeance ; une Miranda (fille de Prospero) découvrant l’amour pour la première fois ; un Caliban furibond enchaîné à sa niche de fortune ; un Ariel, esprit magicien et chanteur mélancolique à ses heures – vraiment – perdues.
Ajoutez un Ferdinand (fils d’Alonso) en jeune premier dont Miranda tombe immédiatement amoureuse et quelques autres personnages tourbillonnants, et vous obtiendrez la recette de la Tempête ! sauce Irina Brook. Mise en scène inventive, décor chargé, fantaisie, décalage, surprenant les premières minutes avant de se prendre au jeu de cette métaphore culinaire, d’oublier « la Tempête », pour découvrir Tempête!

Au passage, mieux vaut ne pas aller voir la pièce le ventre vide!, entre les comédiens qui font la cuisine sur la scène et le texte qui évoque nombre petits plats… Io comincio ad avere fame! 

L’ENVERS DU DECOR , un spectacle musical de Florence Andrieu et Flannan Obé

Musiques d’Offenbach, Messager, Simons, Lehàr, Yvain, Schubert et Kerker

Avec : Florence Andrieu, soprano, Flannan Obé, baryton, Yves Meierhans, piano

Mise en scène : Serge Gaborieau

Que cela fait du bien de sortir d’un spectacle le sourire aux lèvres et le quota de bonne humeur et de légèreté rechargé!

Dans une salle des fêtes des plus banale, Elizabeth se prépare pour monter sur scène. ce soir, pour la nième fois, elle joue  « Nos amours d’opérette » … oui mais voilà, son partenaire habituel lui fait faux bon et c’est son ex, avec lequel elle chantait autrefois qui va reprendre le rôle au pied levé.

Autant dire que la représentation s’annonce chaotique! Non seulement, il n’est plus très au point sur le texte, mais leurs retrouvailles, 7 ans après leur rupture, ne sont guère idylliques!  

L’envers du décor révèle bien des surprises! Et si The show must go on… cela ne va pas être simple! 

Un spectacle drôle, bien mené, des morceaux d’anthologie, les répétitions chaotiques à souhait, le spectacle où costumes et lumières s’en mêlent pour une catastrophe annoncé, les chorégraphies improbables, les coulisses du spectacle, entre problèmes personnels, rêve de Traviata, et réalité de la salle, la partie du spectacle vu des coulisses…. très belle soirée!

Une grande virtuosité de la part des deux comédiens – chanteurs, que ce soit pour un morceau en version accélérée, les déclinaisons du tango et tous ses affres, un très bon moment!

On a l’impression que sur scène le trio prend beaucoup de plaisir et le plaisir est en tout cas tout bien présent côté salle!

Faust, opéra de Tours

Avril 2011 

Jean- Yves Ossonce, direction
Paul-Emile Fourny, mise en scène
Rié Hamada, Marguerite
Julie Robard-Gendre, Siébel
Marie-Thérèse Keller, Marthe
Luca Lombardo, Faust
Nicolas Testé, Méphistophélès
Etienne Dupuis, Valentin
Ronan Nédélec, Wagner
Orchestre Symphonique Région Centre-Tours
Choeurs de l’Opéra de Tours

Une mise en scène classique, efficace,  des décors épurés, suggérés, camaïeux de gris, les quelques touches de rouge, désir, passion, enfer, un peu surprenant au départ, et au final belle unité.

J’ai beaucoup apprécié la présence des nombreux figurants, et toutes les scènes muettes qu’ils permettaient, en particulier l’évocation de toutes les atrocités liées à la guerre pendant les choeurs des soldats.

Bref, une belle soirée d’opéra et s’il ne fallait en retenir qu’un, ce serait pour moi incontestablement le « méchant ». Méphistophélès, alias, Nicolas Testé, impressionnant!

Autour de lui, le démon, l’ambiance crée, font de l’aspect « enfer » les meilleurs moments pour moi de cette production! Le personnage de Marthe apporte aussi des moments plus légers sympathiques.

Théâtre tours : Kids, CDRT, novembre 2011

novembre 2011
Dramaturgie Bernard PicoScénographie Nathalie HoltLumières Michel TheuilCostumes Marc AnselmiMusique Alain Bruel
avec
Charlotte Barbier Sedica
Pauline Bertani Nada
Stephan Blay Refka
Laure Coignard Admira
Clément Bertani Josip
Edouard Bonnet Sead
Bastien Bouillon Stipan
Brice Carrois Bosko
Mikaël Teyssié Amar
Musicien, guitariste Gabriel Bouillon

Sarajevo. Février 1996. Fin du siège. Après toutes ces années d’une guerre interminable, c’est l’improbable jour de la paix.

Comment continuer à vivre sans la guerre, quand on n’a appris qu’à voler pour ne pas mourir de faim, à courir pour échapper aux tirs des snipers ? Comment quitter
Sarajevo ? Traverser le pont vers la liberté, vers le mirage d’une vie meilleure, à l’autre bout de l’Europe ? Pour trouver l’argent du passage, les kids imaginent une Parade à jouer devant l’Occident. Se sauver par le théâtre comme ils ont sauvegardé leur enfance par le jeu.

Le spectacle commence … avant le spectacle… : un dispositif scénique particulier a été choisi… c’est sur scène que sont installés les spectateurs… les confortables sièges de la salle ont disparu derrière des gradins,  disposés de chaque côté de la scène pour matérialiser au centre une rue, rue de Sarayevo, cible des snipers….

Proximité avec l’équipe, entre spectateurs aussi, d’avantage d’échanges peut-être… et puis la pièce commence… 

Une rue, une cour de récréation, la guerre, oui, mais oubliée par instant avant de revenir plus forte que jamais, vivre, survivre, jouer des murs tracés à la craie, danser, chanter, aimer, beaucoup de mouvements, Sedica, mi-fantôme, mi-conteuse, … Les balles traçantes devenues feu d’artifice, les tissus ensanglantés déguisements, les lieux qui se font et se défont en quelques tracés à la craie,  le texte est fort, chacun finira d’y mettre ses propres images.

Colombe, espace Malraux, novembre 2011

Auteur : Jean ANOUILH
Mise en Scène : Michel FAGADAU
Avec : Anny DUPEREY, Sara GIRAUDEAU, Grégori BAQUET, Benjamin BELLECOUR, RUFUS, Fabienne CHAUDAT, Jean-Paul BORDES, Jean-Pierre MOULIN, Jean-François PARGOUD et Etienne DRABER

Le principal atout de la soirée : une affiche prestigieuse pour un très beau résultat sur la scène, l’ensemble des acteurs est des plus convainquant, avec en prime la fantaisie des costumes et l’ingéniosité du décor, une belle soirée!

Des rires en décalés entre homme et femme dans le public, il faut dire que certaines répliques font mouche, et la partie théâtre dans le théâtre, avec des acteurs jouant plus faux que faux vaut l’éclat de rire.

Opéra de Tours Thais Massenet Duffaut

Direction musicale Jean-Yves Ossonce
Mise en scène Nadine Duffaut
Chorégraphie Eric Belaud
Décors Emmanuelle Favre
Costumes Danielle Barraud
Lumières Philippe Grosperrin

Thaïs Sophie Marin-Degor
Athanaël Didier Henry
Nicias Christophe Berry
Palémon Jérôme Varnier
Crobyle Catherine Dune
Myrtale Pauline Sabatier
La charmeuse Mélanie Boisvert
Albine Karine Motyka
Orchestre Symphonique Région Centre-Tours, Choeurs de l’Opéra de Tours et Choeurs Supplémentaires, Ballet de l’Opéra d’Avignon et des Pays de Vaucluse

Le jour des portes ouvertes, nous avions pu découvrir le décor, et assister à trois temps de répétitions sur la journée : l’orchestre seul, puis les chanteurs sur scène avec le piano uniquement et enfin à la répétition scène – orchestre du soir. L’occasion déjà sur la journée de voir évoluer certaines scènes, certaines indications de mise en scène, et le plaisir , 10 jours après d’assister à l’aboutissement . Un principe vraiment très intéressant proposé par l’opéra de Tours, pour moi qui ne suis pas une spécialiste de la musique, petit à petit, grâce à ces répétitions publiques, j’apprends et c’est très agréable!

Retour donc à la représentation , Thaïs est transposée ici à l’époque contemporaine, des prêtres ouvriers à Soeur Emmanuelle ou l’abbé Pierre et aux chiffonniers du Caire, une conception « active » de la religion, qui va bien à l’histoire. Thaïs pourrait bien être une de ses starlettes de la télé-réalité ou de la jet-set, cela fonctionne bien! 

Côté scénographie, des panneaux coulissants , des croix qui se font et défont au fil des mouvements des panneaux, des projections vidéos, de belles images, un mélange qui surprend au début et qui finit par séduire.

Sur le plateau,  entre un Athanael qui tient de belle façon la scène, et une Thaïs d’emblée décalée, en contraste par rapport au monde de débauche qui l’entoure et qu’elle va fuir,  raison et sentiments vont donc s’opposer. Pas plus de mesure chez l’un que chez l’autre, les feux du coeur et de la foi brillent de la même façon… et ne pourront que les conduire au drame. 

Choeur, orchestre, violon solo de Tiphaine Gaigne pour la si touchante « Méditation » , au diapason, une belle ouverture de saison à l’opéra de Tours! 

Théâtre Tours Tempête sous un crâne, cdrt, septembre 2011

Mise en scène Jean Bellorini

Création musicale Céline Ottria  Scénographie Vincent Lefèvre  Régie Générale Adrien Wernert

  Avec
Mathieu Coblentz
Karyll Elgrichi
Camille de la Guillonnière
Clara Mayer
Céline Ottria
Geoffroy Rondeau
Hugo Sablic

Trois heures et demie d’un théâtre qui met les mots à l’honneur, quel bonheur!

La langue de Victor Hugo est mise en valeur d’une belle façon dans ce spectacle, par des comédiens-conteurs-musiciens, un mélange de narration, d’incarnation des personnages (la mort d’Eponine, très touchante). La première partie, portée par deux jeunes comédiens-chanteurs ,  passe comme un éclair, dans le charme des mots.

L’histoire des Misérables est dite, contée, jouée, chantée, scandée, murmurée, criée… , en solo ou en choeur (et quel ensemble en 2ème partie lorsque c’est à 5 ou 7 que les mots sont dits et prennent ainsi densité et relief), une deuxième partie où chaque comédien joue-raconte plusieurs personnages.

Nul besoin d’ajouter de grands effets à ce texte si fort, juste le mettre en relief, faire ressortir cette langue d’Hugo, le rythme du texte. Les mots semblent avoir été écrits pour être dits. Le chant avant la barricade (oh douleur, oh misère), l’incarnation de Gavroche, la fameuse mort d’Eponine donc, celle de Javert, autant de moments forts en émotion. Il y a des rires aussi, et des moments où l’on rit jaune tant le texte est criant d’actualité.

Des extraits des « Orientales », des « Contemplations » ou encore des « Châtiments » sont mis en chansons et apportent des « respirations » à la narration.

Et puis il y a ce lien avec la salle, renforcé par l’aspect « conteur », depuis l’annonce d’accueil jusqu’aux clins d’oeil aux réactions des spectateurs-lecteurs… le public était aussi intégré dans ce tourbillon.

Bref, moi qui suis chaque jour une liseuse d’histoires à mes élèves, m’en faire raconter une ainsi, c’est drôlement bien, bravo à ces raconteurs d’histoires de talent!

La folle parenthèse, Liane Foly

mise en scène signée Marc Jolivet.

Une belle réussite que ce spectacle qui donne la pêche. Deux heures non stop , une trentaine de voix qui s’enchaînent en alternant skectch parlés et imitations en chansons avec la complicité de deux musiciens Jean-Yves et Pierre D’Angelo. très impliqués eux aussi dans le spectacle. Un geste, une attitude, et Liane Foly devient un(e) autre, impressionnant pour moi qui ne la connaissait qu’en chanteuse de jazz.

On la (re)découvre imitatrice donc, mais aussi danseuse, et surtout extrêmement drôle ! Une sacré palette vocale, une justesse dans le chant avec d’autres voix et des registres à l’opposé, de Christophe Willem à Véronique Sanson, Shirley, Mireille Mathieu….J’en passe et des meilleurs!
Comme dans tout spectacle, quelques sketches peut-être un peu en dessous, mais le début et la fin du spectacle (Barbara – Dalida) sont remarquables. Le contenu de certaines imitations est modifié pour coller à l’actu (et avec Ségolène y a de quoi faire) mais aussi à la spécificité de la ville où a lieu le spectacle. Et ça pour se mettre la salle dans la poche, y a rien de mieux.
Un vrai contact avec la salle (comble) qu’elle fait chanter et qui démarre au quart de Tours (!) , des rires qui se propagent de la salle à la scène, la signature d’autographe directement sur scène à la fin du spectacle, et quelques mots émus à la fin, pour rappeler que c’était dans cette salle que Barbara avait donné son dernier concert, et que Liane était alors là en spectatrice..

Grand théâtre de Tours : L’Opéra de Quat’Sous

Mise en scène Bernard Pisani
Décors Luc Londiveau, Costumes Frédéric Pineau, Lumières Jacques Chatelet

Jonathan Peachum Frédéric Longbois
Madame Peachum Isabelle Vernet
Polly Sophie Haudebourg
Macheath (Mackie) Sébastien Lemoine
Jenny Anna Destraël
Tiger Brown Jean-Philippe Corre
Lucy Orianne Moretti
Filch, Le pasteur Kimball, Smith Nicolas Djermag
Orchestre Symphonique Région Centre-Tours, Choeurs de l’Opéra de Tours

L’Opéra de quat’sous se fonde sur l’affrontement entre un petit-bourgeois du crime aux grands airs, Mackie-le-Surineur, gentleman serial murder, et un grand-bourgeois de la truanderie, Jonathan Peachum, très respectable chef des mendiants.

Mais expropriation ou imploration, extorsion physique ou morale, tous deux grapillent les miettes du grand banquet bourgeois – tout en reproduisant l’organisation capitaliste…

Maxime brechtienne : « D’abord la bouffe, ensuite la morale. » Ethiques ou financières, que valent donc nos si chères valeurs ?

Bertolt Brecht et Kurt Weill attaquent au vitriol les valeurs d’une société naufragée entre ruine du sens et vertige des sens, destruction des références et fureur des appétits – cupidité, tyrannie, luxure.
Sur scène, trois moments historiques se superposent : Londres 1728 (L’Opéra des Gueux de John Gay, dont s’inspire Brecht), Berlin 1928 (L’Opéra de quat’sous), France 2011. Trois dates, trois crises.

Quand on est dans la merde jusqu’au cou, il ne reste plus qu’à chanter.SAMUEL BECKETT

Le Comptoir de Buenos Aires

Danseurs : Sophie Raynaud (danse contemporaine), Karine Soucheire (danse contemporaine et tango argentin), Elena Albekova (tango argentin), Fabrice d’Agostino (tango argentin), Jose Castro (malambo
Musiciens : Béatrice Guiffray (violon, flûte traversière, chant), Gilles Saïssi (guitare), Renaud Duret (contrebasse), Claude Tedesco (piano), Frédéric Viale (Bandonéon)

 Un agréable voyage en Argentine sans quitter son fauteuil, avec une mention spéciale pour les solos de Sophie Raynaud, (ce qui n’enlève rien à la dextérité des autres danseurs!) un peu de soleil en hiver, cela fait du bien!

Dédé, grand théâtre de Tours, décembre 2011

 Dominique Trottein, direction

Jacques Duparc, mise en scène

Francis Dudziak (Dédé alias André de la Huchette), Catherine Dune (Odette Chausson), Ingrid Perruche (Denise), Jacques Lemaire (Maître Leroydet), Jean-Marc Bertre (Monsieur Chausson), Jacques Duparc (Robert Dauvergne), l’Orchestre symphonique région Centre-Tours et les choeurs de l’Opéra de Tours, sous la direction de Dominique Trottein.

Pour conquérir la belle Odette, André dit « Dédé » achète le magasin de chaussures de M. Chausson. Mais il ignore qu’Odette est la femme de ce fameux M. Chausson et qu’elle lui a fait acheter le magasin pour arranger les affaires financières de son époux…

Surena, Corneille, CDRT, décembre 2011

Mise en scène : Brigitte Jaques-Wajeman

Collaborateurs artistiques François Regnault et Alice Zeniter
Scénographie et lumières Yves Collet
Assistant lumières Nicolas Faucheux
Costumes Annie Melza-Tiburce
Accessoires Franck Lagaroje
Maquillages et coiffures Catherine Saint-SeverMusique Marc-Olivier DupinAssistant musique Stéphanie GibertAssistant à la mise en scène Pascal Bekkar

AvecPascal BekkarRaphaèle BouchardSophie DaullMourad MansouriPierre-Stéfan Montagnier
Aurore ParisThibault PerrenoudBertrand Suarez

Tyrannie, dictature, des mots qui résonnent avec hélas toujours autant d’actualité… Les costumes renforcent cette notion d’intemporalité, sobriété du décor et de la mise en scène, j’aime cette conception…
Une pièce servie par un très beau plateau de jeunes comédiens , avec une mention spéciale au « duo » de femmes, Raphaèle Bouchard en Eurydice et Aurore Paris, Palmis, cette dernière tout particulièrement convaincante. On se laisse emporter par le rythme de cette tragédie, la musicalité des alexandrins, une belle soirée!

idomeneo, opéra de Tours Ossonce, Garichot

Direction musicale Jean-Yves Ossonce
Mise en scène Alain Garichot
Décors Denis Fruchaud
Costumes Claude Masson
Lumières Marc Delamézière
Orchestre Symphonique Région Centre-Tours.

 Choeurs de l’Opéra de Tours et Choeurs supplémentaires

Idomeneo Yves Saelens
Elettra Sophie Marin-Degor
Ilia Sabine Revault d’Allonnes
Idamante Mireille Lebel
Arbace Philippe Talbot

La princesse troyenne Ilia, fille du roi Priam, est seule, captive en Crète. Elle éprouve un conflit entre la haine qu’elle devrait éprouver envers ceux qui ont tué ses proches au cours de la guerre de Troie et l’amour qu’elle éprouve pour le crétois Idamante, fils du roi Idoménée.

Elle pense avoir une rivale en la personne d’Électre, réfugiée en Crète. …

Un décor minimaliste, un très bel habillage de lumières, le travail réalisé de ce côté là est remarquable, ombres, lumières, mais également des visuels forts, avec les membres du chœur en particulier, symbolisant le bateau, le mât descendant des cintres, Elettra à la proue dans son impressionnant costume rouge… Son final fait partie des très bons moments de la soirée, comme le duo Ilia et Idamante , l’acte III dans son ensemble d’ailleurs avec une belle tension jusqu’à la dernière note.

Le repas des fauves, théâtre, espace Malraux Joué les Tours

D’après l’œuvre de : Vahé Katcha
Adaptation, traduction, mise en scène : Julien Sibre
Avec : Cyril Aubin, Olivier Bouana, Pascal Casanova, Stéphanie Hédin, Pierrejean Pagès, Jérémy Prévost, Julien Sibre, Caroline Victoria

Entre l’ancrage très historique du décor, des costumes, de la musique qui accueille le spectateur avant même que le spectacle ne commence, et les projections graphiques efficaces, résolument très modernes, avec des images très fortes qui resteront en tête (la prise des otages, du bébé, dans les autres appartements, le bombardement, l’oiseau… Cyril Drouin, auteur de ces dessins animés, un nom à retenir! ), un fort contraste pour une pièce qui donne à réfléchir, qu’aurions-nous fait, nous?

La question est toujours la même.

La nature humaine dans sa complexité, sa noirceur, les pires bassesses des uns et des autres pour sauver leur peau, la question de « l’amitié » qui vole en éclat, les répercussions bien différentes de cette guerre « selon que vous serez »….mais aussi beaucoup d’humour (heureusement ai-je envie de dire!),une distribution très équilibrée,  pour un spectacle qui mérite son succès!



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