En finir avec Eddy Bellegueule Édouard Louis

« Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d’entendre ma mère dire Qu’est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J’étais déjà loin, je n’appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j’ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l’odeur de colza, très forte à ce moment de l’année. Toute la nuit fut consacrée à l’élaboration de ma nouvelle vie loin d’ici. »

Seuil  | 02/01/14

Mon petit mot
Je suis un peu gênée au moment de rédiger mon petit mot sur ce livre.

La présentation qui en était faite lors de l’opération Jeudi critique d’entrée livre avait retenu mon attention « En finir avec Eddy Bellegueule, est le premier roman d’un jeune auteur, Edouard Louis. Ceux qui sont allés voir Les garçons et Guillaume à table au cinéma reconnaîtront le destin contrarié du jeune Eddy, dont la manière de se tenir, l’élocution et la délicatesse lui valent humiliations et injures au quotidien. Ce seront les études de théâtre et l’éloignement de l’enfer familial et du monde populaire rural et brutal qui lui permettront d’imposer sa propre personnalité. »
Le mot « théâtre » m’avait sauté aux yeux et poussée à choisir ce livre.
Oui, mais voilà, de théâtre, et d’éloignement de l’enfer familial, il n’est question en gros que dans le dernier chapitre, et les première pages n’ont pas eu sur moi le même effet que la présentation.
Pour le reste misère sociale, alcoolisme, homosexualité, racisme, violence, j’en passe et des plus noires, d’humiliations en coups, trop pour moi, j’avoue chercher dans mes lectures un peu de rêve et d’évasion du quotidien, là, je n’ai pas accroché.
Cependant, au delà du décalage entre l’image que je m’étais faite de ce livre à la lecture de ces lignes de présentation et son contenu, reste un « coeur » digne d’intérêt.
Le thème essentiel, de la découverte de la différence, des tentatives ratées pour « devenir un homme, un vrai, un dur », pour dompter le corps et tenter des approches auprès des femmes , les premiers émois,  mérite que l’on s’attarde sur ce texte. Comment l’homosexualité semble encore impossible dans certains milieux sociaux. Le rejet, les insultes, la violence physique.  Comment l’on peu quand même s’en sortir (un peu). A quel prix. Fuir le déterminisme social.
Bon, et dans le Nord, il y aussi des chouettes coins… et des gens « civilisés….
Un livre qui met mal à l’aise en tout cas, de ce côté-là, objectif réussi!

12 commentaires

  1. si je l'avais feuilletté avant de le lire, l'effet aurait été sans doute différent, là, c'était trop éloigné de mon horizon d'attente, dommage!Bonne fin d'année!

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  2. Il faut avoir beaucoup d'imagination pour trouver des comparaisons entre ce roman (??), disons plutôt témoignage, et l'excellent film de Guillaume Galliene.Dans l'un il n'est question de mépris et de haine alors que l'autre ne parle que d'amour, dans l'un il y a le recul suffisant pour analyser, comprendre et même rire alors que l'autre ne fait que balancer des faits sordides les uns à la suite des autres.

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  3. J'ai été assez mal à l'aise aussi. C'est la peinture du milieu familial qui m'a semblé exagérée, et très méprisante. Quant à la présentation d'Entrée Livre, elle devait t'avoir fait attendre autre chose !

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