Les brasseurs de la ville de Evains Weche #‎68premièresfois‬

Éditeur : Philippe Rey
07/01/2016

Port-au-Prince. Une famille négocie sa survie au jour le jour : il est maître pelle sur un chantier ; elle est repasseuse chez les messieurs célibataires du quartier, n’hésitant pas à se donner à eux car sinon « la chaudière ne monterait pas le feu ». Cinq enfants. Leur fille aînée, Babette, adolescente, est leur seul espoir : elle a son brevet, et sa beauté leur offrira un gendre riche.
Mon petit mot
Port-au-Prince est presque le personnage principal de ce premier roman . Ou plus encore Carrefour , quartier particulièrement pauvre et insalubre d’Haiti. Ses couleurs, ses parfums, le grouillement de la vie. Ses drames.
L’écriture est un peu déroutante au début, les voix du père et de la mère alternent, se répondent, se mélangent, perdent parfois un peu le lecteur, dans un rythme en phase avec le bouillonnement de la cité.
A travers le destin, particulièrement tragique, d’une famille, l’auteur nous donne à voir et à entendre la misère de ce pays, les tentatives plus au moins désespérées pour améliorer un peu le quotidien.
Entre corruption, incapacité des organisations internationales, un peuple à l’abandon, qui se débrouille comme il peut… jusqu’où peut-on aller pour nourrir sa famille?
On se doute dès le départ que tout cela finira mal, on assiste à un engrenage infernal, une descente aux enfers, pages après pages…
Noir, cru, un livre qui lève le voile sur la réalité d’un pays un peu oublié. C’est aussi ça la littérature.

Lu dans le cadre des 68 premières fois
les 68
et du
Challenge Rentrée littéraire janvier 2016

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