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Visiter Loches : Agnès Sorel et Anne de Bretagne

Visiter Loches sur les traces d’ Agnès Sorel : pour le thème Matrimoine du RDV #EnFranceAussi, j’avais l’embarras du choix en Touraine ! J’ai commencé par Camille Claudel au château de l’islette, mais de Loches à Chinon et Tours, il y avait aussi Jeanne d’Arc, les nombreuses dames qui ont fait l’histoire du château de Chenonceau (de Katherine Briçonnet, à Louise Dupin en passant par Catherine de Médicis, Louise de Lorraine, Diane de Poitiers et  Marguerite Pelouze) , ou encore l’une d’entre elles : Illustres inconnues, portraits de femmes en Touraine ou encore Femmes remarquables, l’histoire de Tours au féminin… Il s’agira donc finalement d’Agnès Sorel, favorite du roi Charles VII, qualifiée de plus belle femme de son temps mais aussi… de première influenceuse ! On ne retient souvent d’elle que son physique, elle fut pourtant bien plus que cela. Et ce sera l’occasion d’évoquer aussi brièvement Jeanne d’Arc et Anne de Bretagne.

Que voir à Loches autour d’ Agnès Sorel et Anne de Bretagne

Alors direction Loches qu’elle appréciait tant et où elle est enterrée. Charles VII, premier roi de France à résider en Val de Loire, s’y établit régulièrement et y séjourne souvent durant son règne (1422-1461). Agnès Sorel, née vers 1422 (on va donc fêter bientôt les 600 ans de sa naissance) , issue de la petite noblesse, est une demoiselle d’honneur d’Isabelle Ire de Lorraine l’épouse de René d’Anjou. Remarquée par le roi Charles VII, il fait d’elle une demoiselle d’honneur de son épouse, la reine Marie d’Anjou. Il a 40 ans, elle en 20, c’est le coup de foudre pour lui. Visiter Loches : Agnès Sorel et Anne de BretagneAlors direction Loches qu’elle appréciait tant et où elle est enterrée. Charles VII, premier roi de France à résider en Val de Loire, s’y établit régulièrement et y séjourne souvent durant son règne (1422-1461). Agnès Sorel, née vers 1422 (on va donc fêter bientôt les 600 ans de sa naissance) , issue de la petite noblesse, est une demoiselle d’honneur d’Isabelle Ire de Lorraine l’épouse de René d’Anjou. Remarquée par le roi Charles VII, il fait d’elle une demoiselle d’honneur de son épouse, la reine Marie d’Anjou. Il a 40 ans, elle en 20, c’est le coup de foudre pour lui.

Portraits de Charles VII et Portrait d’Agnès Sorel, école de François Clouet, XVIe
siècle
au château de Loches

C’est durant le séjour de Charles VII à Nancy, qu’il l’officialise comme maitresse officielle en joutant pour elle lors d’un tournoi. Elle y fait sensation en apparaissant le dernier jour revêtue « d’une armure d’argent incrustée de gemmes », du jamais vu! Jusque là, les maîtresses royales étaient plus ou moins cachées, changeaient très vite, c’est un nouveau cycle qui commence ici.

Première favorite officielle d’un roi, elle fascine ses contemporains. Même le Pape Pie II souligne qu’elle possède le plus beau visage qu’il ait été donné de voir, c’est dire !

Agnès Sorel appréciait particulièrement Loches, le roi lui en confiant même la gestion lorsqu’il s’absentait. À partir de 1443, et jusqu’à sa mort en 1450, le logis de Loches est la résidence principale d’Agnès Sorel. Elle n’en est pas propriétaire, le château appartenant au roi, mais en a l’usage, sur décision royale.

portrait d’Agnès Sorel

Son portrait en Vierge allaitante par Jehan Fouquet, vers 1452-1455, vêtue d’un manteau d’hermine, parée des attributs de la royauté, est resté particulièrement célèbre. Elle ornait autrefois à Melun le tombeau d’Etienne Chevalier, trésorier du roi de France, et ami d’Agnès Sorel, il est désormais exposé à Anvers.

Elle bouscule les usages de la cour, porte un grand soin à son apparence, s’épile les sourcils, le front, soigne la blancheur de son teint, dénude ses épaules, se maquille au grand dam des religieux… Elle fait la mode, les dames de la cour s’inspirent de ses tenues, même les hommes s’y mettent, on met en avant le corps sans complexe. Elle serait aujourd’hui avec certitude une influenceuse particulièrement suivie!

C’est d’ailleurs l’accroche de l’exposition qui lui sera consacrée au printemps à la cité royale de Loches :

Exposition AGNES SOREL, l’influenceuse , cité royale château de Loches, avril 2022

Exposition AGNES SOREL, l’influenceuse Loches d’avril à novembre 2022
La Cité royale de Loches célèbre le 600ème anniversaire de la naissance d’Agnès Sorel, favorite du roi Charles VII, surnommée la Dame de Beauté. L’exposition dévoile sa vie notamment à Loches et quel rôle d’ « influenceuse » elle a joué dans la mode, les usages de la cour et la vie politique. http://www.citeroyaleloches.fr/

Je vous en reparlerai bien sûr!

Jacques Coeur, l’argentier du roi, fait partie de ses proches, fourrures, tissus rares, bijoux; le commerce international va bon train pour que la Cour soit à la mode !

Charles VII lui offre de somptueux cadeaux , dont le château de Beauté-sur-Marne, qui lui vaut son surnom de « Dame de Beauté ». Ils auront trois filles qui seront légitimées comme princesses de France et mariées à des grands seigneurs de la cour.

Sa deuxième fille Charlotte, aura un destin tragique mais une descendance exceptionnelle :

Assassinée par son époux Jacques de Brézé qui l’avait surprise avec son amant, son fils Louis, épousera en seconde noce Diane de Poitiers (elle avait alors 15 ans, lui une quarantaine de plus…) , qui deviendra ensuite la favorite du roi Henri II. Une de leur fille, Louise de Brézé épouse le duc d’Aumale, union dont descendent des membres de la plupart des familles royales d’Europe, de la Belgique à l’Autriche, du Portugal à la Sicile, mais aussi des Giscard d’Estaing et des Chirac!!

https://citeroyaleloches.fr/

Mais la beauté n’est pas son seul attrait. Son influence sur le roi Charles VII est incontestable, elle se met dans la lignée de Jeanne d’Arc pour le pousser à reprendre le combat contre les Anglais.  René de Chateaubriand dit d’elle : » de toutes les maîtresses royales, Agnès Sorel est la seule à avoir été utile au Prince et à sa patrie. »

Revue Patrimoine restauré numéro 28

« Charles VII et Agnès Sorelle, ou l’heureux stratagème », gravure sur cuivre, XVIIIe siècle (coll. part.). Un astrologue (figuré à gauche) lui ayant prédit qu’elle serait aimée par l’un des plus vaillants et courageux rois de la chrétienté, Agnès incite son indolent amant à entreprendre la reconquête des parties de son royaume aux mains du roi d’Angleterre.

Au fil du temps, elle s’attire de nombreux ennemis. Le Dauphin (futur Louis XI) lui voue une haine particulière.

En version plus classique dans un vitrail du XIX ème au château de Loches

Jeanne d’Arc à Loches

C’est à Loches que Jeanne d’Arc a rencontré Charles VII après la libération d’Orléans, au Logis royal de Loches, le 22 mai 1429. Elle parvient à le convaincre de se rendre à Reims pour y être sacré. Il suivra ses conseils et sera sacré le 17 juillet 1429, devenant un roi de France légitime. 

Le tombeau d’Agnès Sorel à Loches

Enceinte d’un quatrième enfant, elle rejoint le roi en Normandie pour l’avertir d’un complot le visant mais y meurt en accouchant prématurément d’une petite fille qui meurt quelques heures après sa naissance (qui sera inhumée avec elle, ses restes ont été découverts lors de l’analyse de l’urne funéraire d’Agnès Sorel pour déterminer les causes de sa mort). Longtemps restée mystérieuse, sa mort à seulement 28 ans a en fait été causée par un empoissonnement au mercure. Mauvais dosage involontaire ou empoisonnement ? Et par qui ? Ceci reste toujours un mystère. Sur la volonté de Charles VII, le corps embaumé d’Agnès Sorel est transporté à Loches. Elle est inhumée dans la collégiale Saint-Ours, juste à côté du château, à laquelle elle avait fait de nombreux dons et où on peut admirer son gisant d’albâtre et de marbre.

Mais même sa dernière demeure ne fut pas de tout repos avec plusieurs déplacements!  Le roi (encore du jamais vu pour une maîtresse royale !) avait commandé deux tombeaux de marbre et d’albâtre l’un pour son coeur à Jumièges , l’autre son corps, à Loches, dans le chœur de l’église Saint-Ours, reconstruite au XIIème siècle pour abriter la ceinture de la Vierge à laquelle Agnès Sorel offrira un précieux reliquaire qui disparaitra à la révolution.

Château de Bussy-Rabutin (Côte-d’Or), portrait rétrospectif
d’Agnès Sorel, huile sur toile, fin XVIIe
-début XVIIIe

Les chanoines de Loches s’en seraient volontiers débarrassés à la mort de Charles VII mais, magnanime, Louis XI refusa, Agnès Sorel leur ayant fait une généreuse donation. En 1777, Louis XVI autorise un déplacement du choeur à la nef, puis le tombeau est saccagé à la révolution. Restauré en 1806 il est alors déplacé au château, changé de salle en 1870 avant de retrouver enfin l’église Saint-Ours en 2005 après qu’une analyse scientifique poussée ait révélé les causes de son décès (et prouvé qu’il s’agissait bien de ses restes) ! Les agneaux rappellent symboliquement son prénom. 

Pour en savoir plus sur le tombeau Patrimoine-restauré

Pour poursuivre la visite de Loches sur les traces d’ Agnès Sorel, direction la forêt qui abritait dit-on des rendez-vous secrets… : Aqueduc de Contray et fontaine d’Orfonds forêt de Loches

Un livre de Pascal Dubrisay à lire pour en savoir plus https://huguesdechivre.fr/

Anne de Bretagne à Loches

Quelques mots sur une autre femme bien présente au logis royal de Loches.  La Reine Anne de Bretagne vient au moins huit fois avec son premier époux le roi  Charles VIII, entre 1492 et 1498 et continue à y séjourner après la mort du Roi. Le 8 janvier 1499 à Nantes, elle épouse le nouveau roi Louis XII, obligation signée dans le contrat du mariage précédent. Elle passe notamment presque toute l’année 1500 à Loches, en compagnie de Louis XII puis y reviendra souvent. Elle séjourne à plusieurs reprises à Loches de 1492 à 1511. Vers 1500, Anne fait modifier les plans initiaux d’extension du logis royal en y ajoutant un splendide oratoire gothique flamboyant , où on retrouve les symboles bretons et français, qui est un des clous de la visite du logis royal.

Visiter Loches sur les traces d’ Agnès Sorel

Infos pratiques pour visiter la cité royale de Loches ; Cité Royale de Loches, son donjon et ses jardins

Et pour découvrir d’autres circuits à Loches, par exemple : L’Italie et la Renaissance à Loches, Sforza, Caravage … ou Visiter Loches

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