Les exilés meurent aussi d’amour Abnousse Shalmani

Coup de coeur!
Un grand merci à Delphine pour m’avoir donné envie de le lire!

C’est pour l’instant le roman de cette rentrée qui m’a fait noter le plus de réflexions… et dont j’ai, comme souvent quand un livre m’a vraiment touchée,  le plus de mal à vous parler!

C’est le roman de l’exil d’abord, une famille quitte l’Iran pour la France après la révolution islamique. Au cœur de cette famille, la petite Shirin, 9 ans, qui observe, qui note, et qui déchante vite. Fini la guerre et les bombes, certes. Mais aussi fini la grande maison de Téhéran, les fêtes, les amis… et tout un mode de vie.

Chacun s’adapte tant bien que mal à son nouvel environnement, la langue est un enjeu capital, et va peu à peu renverser les rôles, l’enfant devenant plus rapidement à l’aise que ses parents.
Le dictionnaire, le cinéma aussi, autant d’entrées dans un pays…  (De belles citations au passage sur le pouvoir des mots et de la langue, des dizaines à noter (et les Valseuses à re-regarder!  La langue française se métamorphosait en baguette magique pour combattre le réel et sauver ce qui restait de l’enchantement de l’enfance.)

Mais au delà de ces thèmes du déracinement (entre souvenirs et espoir) , de l’intégration, il y a la formidable histoire de cette famille autant fantasque que dysfonctionnelle, avec des personnages aussi truculents que cabossés, des tantes au tout petit frère, les parents, les relations plus que complexes entre les soeurs…
La petite Shirin se détache peu à peu de l’emprise et du poids du passé, l’apprivoise et devient une jeune femme que l’on a beaucoup de plaisir à voir évoluer.

Ce sont aussi les histoires dans l’histoire, avec ces récits persans enchassés dans le roman, en écho au destin de certains personnages. On voyage, on rêve, en compagnie de Siyavash et des autres…

Et, comme le titre l’indique, il y est aussi question d’amour… amour familial, amour tout court, amours contrariées toujours…

Bref, un roman très riche, et une bien belle plume, à découvrir sans attendre!

En écho à
Je change de file De Sarah Doraghi

ou
Désorientale de Negar Djavadi

10 commentaires

Répondre à eimelle Annuler la réponse.