Monteriano de E.M. Forster

Traduit de l’anglais par Charles Mauron

 Dans ce premier roman publié en 1905, E.M. Forster impose avec force les thèmes qui l’obsèdent : exotisme et passion amoureuse.
Monteriano est un petit village toscan imaginé par E.M. Forter en s’inspirant de San Gimignano. Dans ce premier roman de l’auteur de Avec vue sur l’Arno, Forster évoque l’histoire d’une jeune veuve anglaise qui provoque le scandale en tombant amoureuse lors d’un voyage en Italie de Gino, un bel Italien sans argent et plus jeune qu’elle.
L’affiche du film adapté

Comme pour beaucoup sans doute, le nom de Forster était associé pour moi à Avec vue sur l’Arno, Monteriano a donc été une découverte totale, et une belle découverte!

 D’abord pour l’Italie et la Toscane qui me sont chères, parce que l’auteur s’est inspiré de la ville de San Gimignano, près de Sienne, que j’ai eu le bonheur de visiter, et dont je garde un excellent souvenir.
L’occasion de ressortir quelques photos de l’album : l’arrivée à San Gimignano: 
La Toscane
 La ville des tours, les lumières, les couleurs de cette Italie parfaitement bien rendue dans le roman.
Piazza della Cisterna, San Gimignano
Et puis il y a la plongée dans une époque. Le choc des cultures, entre l’Angleterre des années 1900 (Forster séjourne pour la première fois en Italie en 1901), et l’Italie. Le voyage, de la gare de la première page, au train de la dernière. 
On découvre tonne de petits détails qui rendent cette période très vivante, tels les guides de voyage Baedeker :



Il y a l’opéra,aussi,  avec une représentation de Lucia di Lammermoor, opéra de Gaetano Donizetti, dont le récit donne une idée de l’ambiance particulière qui régnait alors dans les salles. 
Des plongées dans l’art, avec une scène qui évoque les vierges à l’enfant chères à Bellini, Raphaël et autres peintres de cette figure maternelle. 
Et enfin, et surtout, il y a les femmes. Ce sont elles qui font avancer l’intrigue, en bien et en mal, mais ce sont elles qui agissent. Les convenances, le poids de la société, l’éducation, le destin… tragique… Des personnages qui évoluent, qui se révèlent, mais qui sont rattrapés par la raison, l’ordre des choses immuables, il n’y aura pas de happy-end, si ce n’est peut-être l’amitié entre deux hommes de milieux et cultures bien différents. 
L’écriture pour finir, beaucoup de cynisme et d’ironie, qui fait que l’on sourit très souvent, en dépit de situations pour le moins dramatiques. 
Si j’avais un seul petit regret, il concerne la préface, qui livre trop d’informations sur le contenu du roman et gâche le suspens. Un conseil, lisez-la après!

6 commentaires

  1. Je connaissais de Forster Retour à Howards End et surtout Avec vue sur l'Arno (le roman qui m'a donné envie de passer un an en Toscane pour mes études)Mais je n'avais pas du tout entendu parler de ce titre.Merci pour ta critique! Tu m'as donné très envie!

    J'aime

  2. Nous avons dû le lire en même tempsJe l'ai terminé il y a peuUn délicieux momentJe ne lis presque jamais les préfaces trop impatiente de rentrer dans le vif du sujet et puis elle m'apporte rarement quoi que ce soitBonne journée

    J'aime

Répondre à autourdupuits Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s