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L’Amour sans le faire Serge Joncour

L’amour sans le faire, sur Dialogues

Flammarion, août 2012

« On ne refait pas sa vie, c’est juste l’ancienne sur laquelle on insiste », pense Franck en arrivant aux Bertranges, chez ses parents qu’il n’a pas vus depuis dix ans.
Cela commence fort, très vite, l’envie de savoir ce qui va arriver à ces personnages, qui va croiser qui, comment chacun va-t-il avancer? Et puis le temps se suspend, tout devient un peu flottant, non-dits, silences, taiseux. Paris, Clermont-Ferrand, le Lot. La campagne, la ferme, les sangliers, la chaleur. La famille. Les paysans et le Parisien. Les générations. Être l’héritier… faire un autre choix…
 « Ne pas avoir d’enfant, c’était se condamner à rester l’enfant de ses parents. »
Le fantôme du frère / compagnon disparu qui plane…
« C’est toujours dangereux de miser son destin sur un homme.C’est si fragile un homme. »
 Deux personnages à la dérive, qui ont besoin de se poser, pour mieux se reconstruire.
 « Souvent,il surprend chez lui une attitude que chez les autres il ne supporterait pas.Que les autres soient décevants, c’était fatalement concevable,mais s’y surprendre soi c’était mortifiant. »
Un enfant, étourdissant de vie au milieu. L’heure du bilan, de la prise de conscience. Se retourner vers le passé pour mieux profiter du temps présent.
Il y a de la simplicité dans l’écriture, de la discrétion, c’est la voix du silence qui prédomine, et des images qui surgissent, et nous renvoient à notre propre passé. Des souvenirs de vacances justement qui sont remontés chez moi, le sirop de citron et les marchés…
« Ne pas pouvoir s’aimer, c’est peut-être encore plus fort que de s’aimer vraiment, peut-être vaut-il mieux s’en tenir à ça, à cette très haute idée qu’on se fait de l’autre sans tout en connaître. »
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