Grand théâtre de Tours : L’Opéra de Quat’Sous

Grand théâtre de Tours : L’Opéra de Quat’Sous, mise en scène de Bernard Pisani, direction Dominique Trottein

L’Opéra de Quat’Sous

Opéra en 3 actes, 8 scènes et un prologue de Kurt WEILL (1928), Livret de Bertolt Brecht d’après le « The beggar’s opera » de John Gay, avec des textes additionnels de François Villon et de Rudyard Kipling, traduits par Gerhard Hauptmann 
Co-production décors, costumes et accessoires Opéra de Reims et Opéra de Metz Direction musicale Dominique Trottein
Mise en scène Bernard Pisani
Décors Luc Londiveau, Costumes Frédéric Pineau, Lumières Jacques Chatelet

 

Jonathan Peachum Frédéric Longbois
Madame Peachum Isabelle Vernet
Polly Sophie Haudebourg
Macheath (Mackie) Sébastien Lemoine
Jenny Anna Destraël
Tiger Brown Jean-Philippe Corre
Lucy Orianne Moretti
Filch, Le pasteur Kimball, Smith Nicolas Djermag
Orchestre Symphonique Région Centre-Tours, Choeurs de l’Opéra de Tours

L’Opéra de quat’sous se fonde sur l’affrontement entre un petit-bourgeois du crime aux grands airs, Mackie-le-Surineur, gentleman serial murder, et un grand-bourgeois de la truanderie, Jonathan Peachum, très respectable chef des mendiants.
Mais expropriation ou imploration, extorsion physique ou morale, tous deux grapillent les miettes du grand banquet bourgeois – tout en reproduisant l’organisation capitaliste…
 
Maxime brechtienne : « D’abord la bouffe, ensuite la morale. » Ethiques ou financières, que valent donc nos si chères valeurs ?
Bertolt Brecht et Kurt Weill attaquent au vitriol les valeurs d’une société naufragée entre ruine du sens et vertige des sens, destruction des références et fureur des appétits – cupidité, tyrannie, luxure.
Sur scène, trois moments historiques se superposent : Londres 1728 (L’Opéra des Gueux de John Gay, dont s’inspire Brecht), Berlin 1928 (L’Opéra de quat’sous), France 2011. Trois dates, trois crises.

Quand on est dans la merde jusqu’au cou, il ne reste plus qu’à chanter.SAMUEL BECKETT

Opéra Tours photo

Et bien chantons et dansons alors!

La crise, les crises… rien ne change, 1928-29, 2011-12, les petites phrases sur les banques en particulier font tout aussi mouche dans le public…
 
On rit beaucoup, parfois jaune, parfois pour de bon, entre mise à distance ou au contraire mise en avant de la noirceur de l’oeuvre.
 
Le tout porté par une belle distribution, un ingénieux décor, des « tubes » musicaux,  tout pour passer une belle soirée! 

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